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Éditions Omnibus, 2014 (178 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Mistinguett, c’est le mythe même du music-hall, avec ses aigrettes, ses costumes fastueux, ses girls et ses boys, tout un monde d’amis, d’amants, de partenaires, d’admirateurs, de rivalités et de commérages.
Dès ses premiers pas, à 18 ans, au Casino de Paris, travail et discipline l’ont menée du caf’ conc’ aux revues satiriques, des comédies aux opérettes ou aux films muets, puis enfin au music-hall dont elle est devenue, dès l’aube du XXème siècle, la reine incontestée. L’inoubliable “Miss” a traversé plus d’un demi-siècle, s’adaptant à toutes les modes et à tous les mouvements du temps.
Mistinguett, c’est aussi cette voix aux accents canailles, tour à tour dramatique, mélancolique, entraînante, ironique… si suggestive qu’elle fait monter les larmes aux yeux… voix qui a magnifiquement incarné le Paris populaire, voix qui a fait rêver jusqu’en Amérique… C’est enfin un visage, une énergie et un regard dont le magnétisme perdure.
Qu’elle joue la jeune fille pauvre des faubourgs, qu’elle soit oiseau de paradis aux somptueux atours, qu’elle s’affiche à la une des magazines, mettant en scène sa vie d’artiste comme sa vie privée – Ah ! ses amours avec Maurice Chevalier – elle a été une immense vedette très chère au cœur des Français.
André Bernard et Martin Pénet, tous deux spécialistes reconnus de l’histoire de la chanson, nous font revivre dans cet album, illustré de 250 documents issus de leurs collections (photographies, partitions, programmes, affiches…), son parcours exceptionnel.

Mon avis …

Vous le savez peut-être déjà, je suis une passionnée d’Histoire et notamment de toute la période qui s’étend de la fin du XIXème siècle aux Années folles. Aussi, lorsque j’ai repéré ce beau-livre entièrement dédié à Mistinguett, je n’ai pu que craquer. Je n’ai pas boudé mon plaisir puisque cet ouvrage est rempli de photographies, de coupures de journaux, d’affiches de spectacle. Savez-vous que, pour l’époque, Mistinguett est de loin la célébrité qui se laissait le plus photographier ? Avec cet ouvrage, j’ai découvert un portrait de femme étonnant et inoubliable. Je suis ravie de cette lecture, et compte bien me pencher prochainement sur une biographie.

Née à Enghien-les-Bains, Jeanne Bourgeois (dite Mistinguett) grandit dans un milieu modeste. Après avoir suivi des cours de danse, de chant et de théâtre auprès d’une actrice de vaudeville (Alice Ozy), la Miss débute sa carrière dès les années 1890. J’ai alors découvert le portrait d’une femme aux mille visages. Café-concert, airs d’opérette, comédies, en passant par quelques films muets et nombreuses publicités pour  enfin déboucher sur le music-hall, Mistinguett le disait elle-même : « Mon métier c’était ma vie privée et ma vie privée c’était mon métier. J’étais la chose du public. Je me devais à lui. Mais le public est le plus exigeant des amants. »

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En quelques décennies, Mistinguett gravit ainsi tous les échelons. Mais ce qui me fascine le plus, reste que cette personnalité (au caractère bien trempé) parviendra à rester en haut de l’affiche malgré les transformations de la société, malgré l’avènement de la première guerre mondiale. Dans les années 30, à près de soixante ans, la “Miss” exhibe encore avec fierté ses jolies gambettes ! De ce que j’ai également pu apprendre avec cet ouvrage, la vie privée de Mistinguett reste étroitement liée à sa vie publique. Mis à part son amour pour les animaux, son appartement situé boulevard des Capucines (qu’elle gardera jusqu’à la fin de sa vie) ou encore sa profonde amitié avec sa future belle-sœur (Marcelle Desboutins épousera Marcel, frère aîné de Mistinguett), tout ou presque semble tourner autour du music-hall. Mistinguett connaîtra ainsi de nombreuses liaisons avec ses partenaires de scène. Elle ne se mariera pas (même si elle donnera la vie à un enfant en 1901), mais connaîtra une relation passionnée avec Maurice Chevalier (qui durera tout de même une dizaine d’années).

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Couple mythique, Mistinguett et Maurice Chevalier interprèterons dès 1908 une valse chaloupée (Moulin Rouge) puis une valse dite renversante en 1911 (Folies Bergères). Mais je retiens surtout que dès les années 1910-1920, Mistinguett incarne alors la Parisienne. Elle mettra toujours en avant ses jolies jambes (qu’on qualifie alors de « plus belles jambes de Paris ») ainsi que sa voix aux intonations gouailleuses pour interpréter Ça c’est Paris (1926) ou encore La tour Eiffel est toujours là (1942) alors même que Paris est en train de vivre l’Occupation. 

En bref, si je connaissais rien du vécu de Mistinguett avant d’ouvrir ce beau-livre, j’ai beaucoup appris au fil de ces quelques pages (largement documentées de photographies d’époque). Il me restera sans doute l’image d’une femme travailleuse, faite pour la scène, au tempérament bien trempé et à la voix particulière (mais qui correspond alors aux goûts d’antan). Pendant près de cinquante ans, Mistinguett connaîtra le succès dans le monde du spectacle et du music-hall. Et ce, malgré les transformations d’une société en pleine mutation. Malgré une forte concurrence avec Joséphine Baker. Mistinguett était sans aucun doute une femme étonnante.

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