heart_4

l-espionne

Éditions Flammarion, 2016 (182 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Arrivée à Paris sans un sou en poche, Mata Hari s’impose rapidement comme une danseuse vedette du début du XXème siècle. Insaisissable et indépendante, elle séduit le public, ensorcelle les hommes les plus riches et les plus puissants de l’époque. Mais son mode de vie flamboyant fait scandale et attire bientôt les soupçons tandis que la paranoïa s’empare du pays en guerre. Arrêtée en 1917 dans sa chambre d’hôtel sur les Champs-Élysées, elle est accusée d’espionnage.
En faisant entendre la voix de Mata Hari, Paulo Coelho nous conte l’histoire inoubliable d’une femme qui paya de sa vie son goût pour la liberté.

La première phrase

« Peu avant cinq heures du matin, un groupe de dix-huit hommes – la plupart officiers de l’armée française – est monté au deuxième étage de Saint-Lazare, la prison de femmes située à Paris. »

Mon avis …

Avant d’ouvrir ce joli roman, je dois vous avouer que Mata Hari était pour moi une quasi inconnue. Je me la représentais sous les traits d’une jeune femme engagée, qui n’avait véritablement pas froid aux yeux. Aussi, lorsque j’ai repéré cette sublime couverture en librairie, je n’ai pas su résister à l’envie d’en apprendre davantage sur cette femme qui a marqué l’Histoire à sa manière. Et quelle aventure ! S’il s’agit de mon premier Paulo Coelho, je n’ai pas regretté mon choix. L’écriture est délicate, poétique et pourtant très facile à lire. L’auteur fait le choix de nous présenter Mata Hari à travers ses sentiments, sa vie de femme, sa vie d’épouse éprise de liberté. Passionnant ! Cette lecture a été une très jolie surprise. J’étais finalement bien loin du compte au niveau de mes représentations, et je suis maintenant ravie d’en savoir plus sur le destin de cette femme extraordinaire.

De son vrai nom Margaretha Zelle, « Mata Hari » naît en Hollande dans les années 1870. Devenue danseuse, puis courtisane, la jeune femme se fait rapidement un nom désirant plus que tout fuir un destin qui lui semblait tout tracé (se marier, avoir des enfants). Mata Hari désire en effet vivre à cent à l’heure, avoir le cœur qui bat la chamade, ressentir des émotions fortes. Or à l’époque, les femmes étaient plutôt destinées à vivre en retrait voire à se plier à l’autorité masculine. Si le vœu de Mata Hari sera exaucé, il est aussi celui qui la perdra… Les premières pages du roman de Paulo Coelho s’ouvrent ainsi sur l’exécution de notre prétendue espionne. Nous découvrons ensuite une lettre, destinée à sa fille. Agrémenté de photos, ce livre nous permet de faire connaissance avec la vraie Mata Hari.

Loin de l’image de femme forte que nous pouvons parfois nous construire autour du mythe Mata Hari, j’ai été surprise de découvrir le portrait d’une femme perdue, cherchant à fuir un passé difficile. J’ai ainsi appris qu’en Hollande, Mata Hari avait été violée par le directeur de l’école dans laquelle elle étudiait (afin de devenir institutrice). Une fois mariée, la jeune femme se fait ensuite violenter par un mari porté sur les femmes et la boisson. En lisant le roman de Paulo Coelho, j’ai ainsi plutôt eu le sentiment de rencontrer une femme meurtrie qui tente de s’en sortir tant bien que mal. Paris. L’Allemagne. Mata Hari tente de se faire un nom, de gagner sa vie et de voyager, se rapprochant des plus grands de l’époque pour y parvenir. À l’aube de la Grande Guerre, les déplacements de la célèbre danseuse sont jugés suspects. Mata Hari est alors traquée. Sa plus grande erreur a peut-être été de s’être rapprochée de ceux qu’il ne faisait pas bon de trop fréquenter. Accusée d’espionnage, Mata Hari ne cessera de clamer son innocence.

Paulo Coelho signe ici un roman court (un peu trop peut-être tant le lecteur se trouve rapidement happé par l’intrigue). L’écriture est sublime. Il me tarde de poursuivre mon aventure avec cet auteur brésilien que je ne connaissais que de nom. J’ai beaucoup appris sur Mata Hari, que j’imagine maintenant plutôt comme ayant été manipulée… Je ne peux que vous recommander ce roman qui permet de rompre, le temps de quelques pages, avec la monotonie de la vie de tous les jours.

Extraits …

« Dans les années suivantes – qui ont été peu nombreuses mais m’ont semblé interminables -, je n’ai regardé que le soleil et j’ai oublié les tempêtes. Je me suis laissé émerveiller par la beauté des roses et je n’ai pas fait attention aux épines. L’avocat qui m’a défendue au tribunal, sans grande conviction, a été l’un de mes nombreux amants. »

« Et c’est alors, ma chère Mata Hari, que le coup le plus vil de tous a été porté. Vous étiez aussi suivie par les Allemands – plus discrets et plus efficaces. Depuis le jour de votre visite à l’inspecteur Ladoux, ils étaient arrivés à la conclusion que vous étiez un agent double. »

Publicités