heart_4

9782253048374-001-t

Éditions Le livre de poche, 2015 (126 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Six nouvelles, six chef-d’œuvre : disparition mystérieuse d’un banquier, vol de bijoux, suicide maquillé en crime… Point n’est besoin d’analyses sophistiquées ou d’expertises balistiques, Hercule Poirot est là…

La première phrase

« Assis auprès de la table à thé, Poirot et moi, nous attendions notre vieil ami l’inspecteur Japp qui devait partager notre goûter. »

Mon avis …

Chaque année, j’essaie de lire au moins deux ou trois enquêtes d’Agatha Christie mettant en scène notre détective belge préféré : Hercule Poirot. 2017 ne fera pas exception à la règle ! Avec cette grande dame de la littérature anglaise, je suis toujours sûre de passer un bon moment. Si ce recueil ne comprend en vérité que trois (sur six) intrigues laissant la part belle aux petites cellules grises de Poirot, je n’ai à nouveau pas boudé mon plaisir. Je me suis donc une nouvelle fois plongée avec délice dans de sombres affaires. Et surprise, le capitaine Hastings et l’inspecteur Japp sont même de la partie. Si les trois dernières nouvelles du livre sont exclusivement axées sur le surnaturel, je les ai trouvées envoûtantes à souhait. Dame Agatha aura une nouvelle fois fait mouche.

Allô, Hercule Poirot contient les nouvelles suivantes : La disparition de Mr. Davenheim, Un indice de trop, Le guêpier, La poupée de la couturière, Le signal rouge, S.O.S.

La disparition de Mr. Davenheim

Lorsque Mr. Davenheim (banquier et homme d’affaires) quitte sa résidence après le thé, il ne reviendra finalement jamais au domicile. Un coffre-fort forcé, des bijoux disparus. Mr. Lowen, qui avait rendez-vous avec le disparu, semble alors le coupable désigné… Si je me rappelais du feuilleton télévisé (de manière plus ou moins floue), j’ai pu redécouvrir l’intrigue avec beaucoup de plaisir.

Un indice de trop

Agatha Christie fait ici à nouveau appel à une affaire de vol. Au cours d’un récital, un collier d’émeraudes est mystérieusement dérobé. Alors qu’un gardien de la paix voit s’enfuir un clochard, l’inspecteur Japp découvre un gant près du coffre-fort. Poirot trouve quant à lui un étui à cigarettes aux initiales BP. Les quatre principaux suspects (Lady Runcorn, la comtesse Vera Rossakof, Bernard Parker et Johnston) ont alors bien du souci à se faire. D’autant que la lucidité habituelle de Poirot semble être mise à rude épreuve… Dame Agatha signe ici une nouvelle que j’ai beaucoup aimée. Principalement pour son dénouement, et pour un Hercule Poirot envoûté par le charme féminin.

Le guêpier

Une fois n’est pas coutume, notre détective belge intervient pour enquêter sur un meurtre qui n’a pas encore été commis ! Deux hommes. Un amour déçu. De l’essence, du cyanure de potassium et un nid de guêpes. Si le meurtre a bel et bien lieu, aucun indice n’est fourni au lecteur… Pour notre plus grand plaisir.

La poupée de la couturière

Il s’agit de ma nouvelle préférée du recueil. Agatha Christie s’essaie au genre fantastique, et je trouve que cela fonctionne plutôt bien. L’intrigue tourne ici autour d’une mystérieuse poupée qui terrifie les employées d’une petite boutique de confection. Si elle se déplace d’une pièce à l’autre, elle possède surtout des postures plus vraies que nature. J’ai adoré l’atmosphère de cette nouvelle. Si le final n’apporte pas vraiment d’éléments concrets, il n’en est pas moins terrifiant.

Le signal rouge

Je connaissais malheureusement déjà cette nouvelle (présente dans mon édition de Dix brèves rencontres). Pour autant, je ne me rappelais plus totalement du final et j’ai à nouveau été menée en bateau… La romancière nous livre ici une intrigue fantastique et nous laisse entendre qu’il faut toujours écouter notre petite voix intérieure, surtout lorsqu’elle nous signifie qu’un grand danger est proche (c’est le fameux signal rouge !). Seulement d’où vient le danger ? Pas forcément de là où nous pourrions l’attendre, du moins si l’on se place du côté des personnages de cette nouvelle plutôt troublante.

S.O.S.

Une voiture accidentée. Un inconnu qui trouve refuge dans une famille au comportement plutôt curieux. Un message « S.O.S. » gravé sur une table… J’ai à nouveau été happée par l’intrigue proposée par Agatha Christie. Je ne suis par contre que moyennement séduite par le final, ce qui fait qu’elle ne comptera pas parmi mes nouvelles préférées de la Reine du crime.

En bref, j’ai à nouveau beaucoup aimé retrouver l’atmosphère propre aux enquêtes d’Hercule Poirot. Les nouvelles axées sur le fantastique me semblent également plutôt réussies. À lire pour retrouver ou découvrir une ambiance so british (et ô combien réconfortante), mais également pour l’inoubliable Hercule Poirot.

Extraits …

(Le guêpier) « John Harrison aimait son jardin, plus beau que jamais en cette tiède soirée d’août. Les rosiers grimpants étaient superbes, les pois de senteur embaumaient l’air.
Un grincement fit se retourner le rêveur. Qui venait de pousser la barrière du jardin ? Une minute plus tard, le visage d’Harrison reflétait un profond étonnement, car le personnage vêtu en dandy qui s’avançait vers lui était bien le dernier qu’il s’attendait à rencontrer en cet endroit.
– Monsieur Poirot ! Quelle heureuse surprise !
Il s’agissait bien, en effet, du fameux Hercule Poirot dont la réputation était connue du monde entier. »

(La poupée de la couturière) « Sur le sofa, étendue dans une pose nonchalante, se trouvait la poupée.
– Elle est sortie, souffla la directrice. Elle est sortie de la pièce ! Et maintenant, elle veut aussi celle-ci.
Elle s’assit près de la porte et murmura :
– J’imagine qu’à la fin, il lui faudra toute la maison.
– C’est possible.
– Méchante créature ! cria-t-elle. Pourquoi venez-vous nous harceler ? Nous ne voulons pas de vous !
Il lui sembla ainsi qu’à Sybil, que la poupée bougeait et que ses membres se détendaient un peu plus. Un de ses longs bras était posé nonchalamment sur un coussin et son visage chiffonné, à demi caché, semblait observer sournoisement les deux femmes. »

Publicités