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Éditions de La Martinière, 2012 (209 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

Avec 2,5 milliards d’exemplaires de ses œuvres vendus dans toutes les langues, Agatha Christie est l’auteur le plus lu après Shakespeare ! Mais qui était réellement celle qui a donné naissance à Hercule Poirot, Miss Marple ou le couple Beresford ?
François Rivière dresse le portrait de cette femme secrète, pétrie de morale mais experte ès poisons, qui tomba follement amoureuse d’un pilote de la Royal Air Force avec qui elle parcourut le monde, mit en émoi toute l’Angleterre en disparaissant lorsque son mariage battit de l’aile, épousa en secondes noces un archéologue qu’elle suivit sur ses chantiers de fouilles.
Par-delà la légende née de la discrétion de la romancière, François Rivière démontre l’extraordinaire vitalité de celle qui n’a cessé d’inventer de nouvelles manières de mystifier son lecteur, et dévoile quelques secrets…

Mon avis …

Vous commencez sans doute à me connaître, depuis toujours je clame mon amour pour les romans d’Agatha Christie. Ils ont toujours eu sur moi un pouvoir bien particulier, un pouvoir hors du temps et réconfortant. Qu’il s’agisse des écrits de cette grande romancière anglaise, ou encore de la série qui s’en inspire (avec David Suchet interprétant un Hercule Poirot plus vrai que nature), c’est toujours avec délice que je me plonge dans cette atmosphère so british. François Rivière nous propose ici une bien jolie biographie. Je la trouve très complète, et je vous avoue avoir été séduite par ses nombreuses illustrations. Vieilles photographies, couvertures des premières éditions, critiques de presse : tout y est ! Grâce à cette biographie, je me suis sentie plus proche de cette grande dame de la littérature anglaise, et je compte bien poursuivre l’aventure en lisant tous ses écrits. La lecture de cette biographie constitue mon premier coup de cœur pour cette année 2017.

Dans cet écrit, François Rivière s’attache à nous présenter un personnage haut en couleur. Petite fille, Agatha est plutôt du genre timide et solitaire (une caractéristique qui ne la quittera jamais vraiment, car même adulte Dame Agatha fuira les interviews et les mondanités).  Bien plus tard, Agatha Christie saura rester simple malgré le succès : son amour pour les fleurs, ses chiens ou encore ses domaines (Greenway en tête) peuvent en témoigner. Je l’en trouve d’ailleurs d’autant plus attachante. Mais notre romancière du crime n’est pas que le portrait d’une vieille dame paisible qui écrit beaucoup, bien au contraire… Quelle surprise pour moi de la découvrir faire du surf avec son premier mari (Archie Christie) ! Agatha Christie aimait également beaucoup voyager (surtout en train, puis plus tard en avion). Elle n’hésitera pas à suivre son second mari (Max Mallowan), archéologue, sur ses chantiers de fouilles. Je lui ai ainsi découvert une image plus moderne que celle que je pouvais imaginer au départ. Égypte. Syrie. Irak. Autant de destinations qui l’aideront à puiser l’inspiration pour bon nombre de ses romans.

J’ai également beaucoup aimé découvrir les liens qu’Agatha Christie pouvait entretenir avec sa famille. Son attachement pour ses grand-mères (Auntie Grannie lui inspirera d’ailleurs son personnage ô combien célèbre de Miss Marple). Son amour inconditionnel pour Clara Miller, sa mère (la disparition d’Agatha, survenue en 1926, coïncidera d’ailleurs au moment du décès de sa mère). Passionnant ! D’autant plus que François Rivière s’attache tout autant à aborder la face plus sombre de notre romancière. Elle avouera ainsi ne s’être jamais sentie très proche de sa fille (Rosalind), et n’a pas forcément été très heureuse en amour. Si son premier mariage se solde par un échec, Max Mallowan restera jusqu’au bout mais aura une aventure avec sa secrétaire…

Impossible de parler d’Agatha sans évoquer la question de ses œuvres. Très tôt, Agatha Christie montre un goût certain pour la littérature. Petite, elle dévore Bleak House (son roman préféré) de Charles Dickens. Plus tard, elle souhaite tout découvrir des écrits d’Edgar Poe, de Gaston Leroux ou encore de Conan Doyle. C’est d’ailleurs installée sur la lande isolée de Dartmoor (qui a servi de décor pour Le chien des Baskerville) qu’Agatha donne vie à son premier grand roman, La mystérieuse affaire de Styles. Il lui faudra seulement douze jours pour l’écrire : la machine est en marche…

Mon immersion dans l’univers d’Agatha Christie a été totale, tout comme mon plaisir. Je me suis surprise à découvrir un portrait bien plus moderne de cette grande dame que celui que j’avais pu me forger, tout comme j’ai pu me plonger dans l’historique de ses succès, mais aussi de ses blessures. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve Agatha Christie plutôt touchante. Jusqu’à la dernière photo publiée dans cette biographie, nous montrant une vieille dame de 84 ans diminuée physiquement mais au regard bleu vif. Nul doute que si notre Reine du crime (ou plutôt notre Duchesse de la mort comme elle lui préférait de beaucoup ce surnom) m’avait conviée à prendre le thé, j’aurais accepté avec plaisir. J’aurais alors certainement eu énormément de questions à lui poser.

Extraits …

« Mais pourquoi donc, se lamente-t-elle, ai-je inventé cette détestable et assommante petite créature ? […] Certes, je dépends beaucoup d’elle financièrement.
Mais par ailleurs elle me doit sa propre existence.
Parfois je lui fais savoir qu’en quelques coups de plume je pourrais lui ôter la vie.
Et elle me réplique alors : “Impossible de se débarrasser de Poirot : il est bien trop intelligent !” »

« Après son adoubement par la reine à Buckingham Palace, Agatha déclare à son entourage Je viens de vivre le plus beau jour de ma vie. Puis elle retourne soigner les pivoines blanches de son jardin de Winterbrook House, où le chien Bingo attaque discernement tous ceux – Max compris – qui approchent sa maîtresse. »

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