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Éditions Le livre de poche, 2016 (408 pages)

Ma note : 14/20

Quatrième de couverture …

En juin 2012, j’achète à un brocanteur sur Internet un lot de 250 photographies d’une famille dont je ne sais rien. Les photos m’arrivent dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l’enveloppe il y a des gens, à la banalité familière, bouleversante. Je décide de les inventer puis de partir à leur recherche. Un soir, je montre l’enveloppe à Alex. Il dit « On pourrait aussi en faire des chansons, ce serait bien. » Les gens dans l’enveloppe, un roman, une enquête, des chansons.
I.M.

La première phrase

« En juin 2012, j’achète sur Internet un lot de 250 photographies provenant toutes d’une même famille. »

Mon avis …

Ce roman un peu particulier a énormément fait parler de lui lors de sa sortie en septembre 2015. J’ai profité de sa parution en poche pour le découvrir. Moi qui apprécie par dessus tout les récits familiaux ou encore l’idée de capter un souvenir, une émotion via la photographie (sans être une grande photographe, j’aime en effet beaucoup photographier mes proches), cet écrit n’était-il pas parfait pour moi ? Je dois dire que j’ai admiré le projet d’Isabelle Monnin. L’idée d’écrire une histoire sur des personnes inconnues, rencontrées sur des photos, puis de mener une véritable enquête est plutôt un beau projet. Les gens dans l’enveloppe est un ouvrage surprenant à la construction originale (une partie roman” précède une partie “enquête”). J’ai trouvé cette expérience de lecture intéressante. Mais j’ai tout de même largement préféré la seconde partie du livre, où Isabelle Monnin part à la recherche de ses “personnages”, à la première…

Première partie : le roman. Quand Isabelle Monnin reçoit des photographies en provenance d’une même famille, il lui vient alors l’envie de tisser toute une intrigue autour de ces visages à la fois inconnus et si familiers. Il y aura d’abord Laurence, la petite fille abandonnée par une maman partie avec un autre homme. Nous croisons ensuite Michelle, cette maman malheureuse qui a fait le choix de fuir un quotidien morne, monotone, qu’elle n’a jamais voulu. Le lecteur rencontre ensuite Serge, puis Simone (dite Mamie Poulet). Des personnes représentées sur les photos, Isabelle Monnin imagine des prénoms, des vécus, des failles, des drames. Si j’ai trouvé le tout extrêmement touchant, c’est peut-être avec le ton dramatique du récit que j’ai eu le plus mal. À la fin de chaque chapitre consacré à un personnage, il me restait en effet comme une impression mélancolique. Alors que j’aurais peut-être aimé croiser de la joie, quelques petits bonheurs… (qui autant que les déceptions font partie de la vie).

Heureusement, j’ai davantage été captivée par la seconde partie du livre : l’enquête. Isabelle Monnin retrouve alors ses racines journalistiques et part à la recherche de Laurence, de Serge ou encore de Mamie Poulet. L’auteure retranscrit ses échanges avec les témoins, les gens de l’enveloppe. Je vous avoue avoir ressenti davantage d’empathie pour ces personnes, sachant maintenant qu’elles existent réellement, que pour les personnages imaginés par l’auteure. S’il est rare de retrouver dans un même livre la confrontation de la fiction à la réalité, j’ai beaucoup aimé cette partie de ma lecture tout comme la manière dont Isabelle Monnin l’a abordée.

Enfin, j’ai écouté certains morceaux écrits par Alex Beaupain. La beauté des mots, de certaines sonorités, au service d’un vécu : j’ai une fois de plus trouvé l’ensemble touchant.

En bref, ce livre représente à mes yeux une jolie initiative qui rappelle que chaque vie compte, que notre vie sur Terre peut avoir du sens par les traces et les souvenirs que nous laisserons. Isabelle Monnin s’est réellement attachée à ses personnages, à ces personnes rencontrées au départ sur de simples photos. Et c’est peut-être ce qui rend sa démarche d’autant plus émouvante. Dommage pour ma part que je n’ai que trop peu accroché à la première partie pour de beaucoup lui préférer la seconde.

Extraits …

« Je vais les connaître, ils vont me faire confiance, ils me raconteront des choses, m’en cacheront d’autres, ils pleureront, ils riront, ils s’étonneront de me dire tout cela. Je sais pourtant que je n’accèderai pas à leur intérieur. Je n’aurai jamais que l’enveloppe des gens. »

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