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9782344005804-L

Éditions Glénat, 2016 (125 pages)

Ma note : 13/20

Londres. Époque victorienne. Sir Edouard est un jeune noble, blasé et arrogant en diable. Lorsqu’il regagne la demeure familiale, située en pleine campagne, il s’ennuie au plus haut point. Provocateur et libertin, il est alors à l’affût de toute nouvelle rencontre qui pourrait le distraire. Il faut dire que les mœurs du jeune homme sont dites scandaleuses puisqu’il collectionne les maîtresses : les jeunes filles de bonne famille et vieilles rombières sont autant de proies potentielles que les soubrettes qui travaillent au château.

Lisbeth est une jeune bonne, très discrète, qui vient tout juste d’arriver au service de Monsieur. Son physique quelconque et son dévouement en font une domestique modèle. Fasciné par la sagesse qui se dégage de notre héroïne, Sir Edouard se positionne à nouveau en bourreau des cœurs. Il fera même de Lisbeth sa confidente, la jeune domestique se retrouvant forcée à écouter les péripéties et autres frasques sexuelles de son maître… Rumeurs et incompréhension emplissent alors les couloirs du domaine. Car personne ne voit d’un très bon œil ce semblant de complicité s’installant entre Lisbeth et le maître de maison.

Lorsque j’ai emprunté ce roman graphique, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre si ce n’est que celui-ci allait aborder les conditions de vie des domestiques ayant vécu au XIXe siècle. Hubert, scénariste de Monsieur désire ?, aborde bien ce point. Il montre alors la fragilité de ces petites bonnes venues de la campagne, qui se retrouvaient parfois dans le lit du maître pour être brutalement chassées du domaine si grossesse il y avait ! Mais cette BD aborde aussi le travail extrêmement éprouvant des domestiques, en service avant même le lever du soleil pour ne terminer que très tard le soir. Une place difficile, d’autant que même entre les domestiques il convenait de respecter une certaine hiérarchie.

Mais ce roman graphique aborde également la vie de débauche menée par certains nobles célibataires du XIXe siècle. Les plaisirs rythmaient alors le quotidien. Soirées mondaines. Chasse à courre. Jeux de cartes ou d’argent. Chaleur des bordels. Hubert nous dépeint alors une société qui, sous le voile des conventions et des bonnes manières, masque comme elle le peut les vices et les travers de certains de ses sujets.

Certaines scènes sont donc osées, voire crues, puisqu’elles sont censées choquer Lisbeth et l’amener à réagir autrement que par sa compassion, son dévouement et en même temps son attitude un brin distante (pour l’époque appropriée) vis-à-vis de son maître. Je vous avoue que je ne m’attendais pas à tout ce déballage. Si je n’ai pas été gênée plus que ça, j’aurais sans doute préféré que l’intrigue parte dans une toute autre direction au niveau du lien se tissant entre Lisbeth et Edouard.

De même, j’avais été attirée par la couverture que je trouve très réussie. Je regrette que l’ensemble de ce roman graphique ne soit pas du même acabit. Je n’ai en effet pas réussi à accrocher au graphisme proposé par Virginie Augustin. Je n’ai pas non plus été spécialement enchantée par le final de cette BD, dans le sens où je suis restée quelque peu sur ma faim.

J’ai en revanche beaucoup aimé les quelques pages qui viennent clôturer cet ouvrage. Celles-ci rappellent le contexte social et économique de l’époque tout en nous offrant quelques renseignements sur le règne de Victoria, la domesticité à l’époque victorienne ou encore les conditions de vie de la classe ouvrière.

En bref, je n’ai pas été totalement séduite par ce roman graphique. J’aurais préféré que le lien entre nos deux héros se tisse bien différemment et je n’ai pas non plus accroché au style de Virginie Augustin. Reste que j’ai apprécié retrouver l’atmosphère propre au règne de Victoria ou encore explorer différemment les conditions de la domesticité sous le XIXe siècle.

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