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9782253015840-001-T

Éditions Le livre de poche, 2016 (223 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Qui avait intérêt à assassiner la richissime Mrs Ingelthrop, maîtresse de la propriété de Styles ? Pratiquement tous ceux qui l’entouraient. Mais pourquoi Poirot protège-t-il le second mari de la victime, qui fait un coupable idéal ? Le premier roman d’Agatha Christie.

La première phrase

« Le vif intérêt que suscita dans le public ce qu’on appela, à l’époque, L’affaire de Styles, est aujourd’hui quelque peu retombé. »

Mon avis …

La mystérieuse affaire de Styles (1920) est le premier roman d’Agatha Christie. Et quel roman, puisqu’il marque l’entrée en scène du plus célèbre détective belge de la littérature : Hercule Poirot. Avec près d’une quarantaine d’apparitions (en associant les romans et les nouvelles), ses petites cellules grises n’ont pas fini de tourner à plein régime. Pour notre plus grand bonheur ! À partir de cet été, j’ai pour projet de lire un Poirot par mois (mais je triche un peu, puisque j’ai déjà cinq enquêtes au compteur). Si La mystérieuse affaire de Styles ne fait clairement pas partie de mes romans préférés de Dame Agatha, j’ai à nouveau été complétement menée en bateau.

L’intrigue démarre avec Hastings. Blessé et rapatrié du front, il est invité par John Cavendish à séjourner à Styles Court le temps de sa permission. Tout se complique lorsque Mrs Ingelthrop, maîtresse des lieux, est retrouvée empoisonnée dans son lit. La chambre était fermée de l’intérieur, et chacun semble avoir un mobile. Face à tant de mystères, Hastings fait appel au soutien d’un ami de longue date : Hercule Poirot.

Comme j’ai aimé retrouver ces deux personnages de la Reine du crime ! Quand on connaît le lien solide qui unit Poirot et Hastings, je me suis ici beaucoup amusée à être le témoin de leurs retrouvailles (pour ce premier roman, les deux hommes se rencontrent alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis de nombreuses années). Pour cette première affaire, Hercule Poirot se montre plutôt déroutant. Il intrigue, autant qu’il agace. Tout le monde reste pourtant sans voix devant ce petit bonhomme perspicace, à l’accent prononcé.

Avec Agatha Christie, je ne suis jamais déçue. Avec cette première enquête, la romancière britannique fait déjà état de son talent. Au cours de ma lecture, je pense avoir soupçonné presque tous les personnages (il faut dire que les fausses pistes ne manquent pas). Une terrible dispute avant le meurtre. La rédaction de plusieurs testaments. Une tasse brisée retrouvée dans la chambre de la victime. Sans oublier les relations entre les personnages eux-mêmes : second mari de la défunte, Alfred Inglethorp (un homme barbu et pour le moins excentrique) ne semble guère apprécié. Mais les Cavendish (John, sa femme Mary, et Lawrence) ne feraient-ils pas de parfaits suspects dès lors que nous parlons argent et testament ? Le Dr Bauerstein, ou encore Cynthia Murdoch (en sa qualité d’infirmière), pourraient tout autant être suspectés ayant accès à de nombreux poisons. Que dire également d’Evelyn Howard, dame de compagnie de Mrs Inglethorp, qui quitte subitement Styles Court avant le meurtre ?

Agatha Christie nous démontre qu’une enquête ne se limite pas à des échanges musclés et qu’elle demeure avant tout un travail de l’esprit. Comme à son habitude, Hercule Poirot peut se montrer suffisant et garde toutes ses déductions pour lui seul. Jusqu’à la révélation finale. Si la solution du mystère semble un peu alambiquée, La mystérieuse affaire de Styles reste un très bon policier. Il me tarde déjà de poursuivre avec Poirot et de retrouver cette ambiance british si délicieuse. En août, je lirai Le crime du golf.

Extraits …

« Poirot était un homme au physique extraordinaire. Malgré son petit mètre soixante-deux, il était l’image même de la dignité. Son crâne affectait une forme ovoïde, et il tenait toujours la tête légèrement penchée de côté. Sa moustache, cirée, lui conférait un air martial. Le soin qu’il apportait à sa tenue était presque incroyable, et je suis enclin à penser qu’il aurait souffert davantage d’un grain de poussière sur ses vêtements que d’une blessure par balle. »

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