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Éditions Le livre de poche, 2017 (220 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Hercule Poirot se rend en France car il a reçu un SOS pressant d’un certain M. Renauld. Lorsqu’il arrive sur place, flanqué du fidèle Hastings, c’est pour apprendre l’assassinat de son client, dont le corps, lardé de coups de couteau, a été retrouvé au fond d’un trou creusé sur un terrain de golf…

La première phrase

« Tout le monde connaît l’histoire de ce jeune écrivain qui, pour forcer l’attention du plus blasé des éditeurs, n’avait pas craint de commencer son roman par la réplique fameuse : Nom de Dieu ! dit la duchesse.« 

Mon avis …

Publié en 1923, Le crime du golf n’est autre que le deuxième roman rédigé par Dame Agatha mettant en scène Hercule Poirot. Nous retrouvons le fidèle Hastings, à bord d’un train à destination de Calais, intrigué par le charme émanant d’une jeune et jolie artiste (aussi peu distinguée qu’exubérante… : Nom de Dieu !”). De retour de son voyage, notre ancien soldat retrouve Poirot fort occupé à déguster son petit-déjeuner (deux œufs à la coque sinon rien) et à ouvrir son courrier du jour. Un homme, Mr Renauld, réclame les services du détective. Il craint alors pour sa vie et prie Hercule Poirot de se rendre à Merlinville le plus rapidement possible. Lorsque Poirot et Hastings se rendent à la villa Geneviève, il est déjà trop tard… Le corps de Renauld est retrouvé, un poignard fiché dans le dos, sur le terrain de golf mitoyen à la propriété… Un pardessus trop grand. Une épouse retrouvée attachée et bâillonnée par deux individus masqués et perruqués. Il y a de quoi mettre au travail les petites cellules grises de notre détective belge.

Avec cette intrigue, direction la France ! Après avoir lu La mystérieuse affaire de Styles le mois dernier, il me tardait déjà de retrouver la plume d’Agatha Christie. Je ne regrette pas mon choix de lire les Poirot dans l’ordre chronologique. Les personnages évoluent déjà un peu… Démobilisé de l’armée depuis ses blessures au combat, Hastings occupe désormais une fonction de secrétaire (auprès d’un député) et cohabite avec Hercule Poirot dans un appartement londonien. J’ai été surprise de lui découvrir ici un côté cœur d’artichaut (si celui-ci se retrouve aussi dans la série, ce n’est pas l’aspect que je garde forcément du personnage). Quant à Poirot, il se retrouve ici raillé par Giraud, un inspecteur de la police de Paris (de quoi faire frémir d’indignation ses moustaches auxquelles il apporte un soin méticuleux). Avec Le crime du golf, Agatha Christie fait preuve d’une bonne dose d’humour. Poirot et Hastings sont quant à eux en pleine forme ! Pour notre plus grand plaisir.

Du côté des suspects, le lecteur se trouve à nouveau enchanté de découvrir toute une galerie de personnages dont la psychologie est particulièrement maîtrisée. Qui peut donc être dans le coup ? L’épouse ? Le fils, Jack, alors curieusement parti en Amérique du Sud au moment du meurtre ? Ou encore les Daubreuil qui occupent la villa Marguerite ? La découverte d’un second corps, celui d’un vagabond, retrouvé près de l’abri situé dans le jardin, associée à l’arrivée soudaine à Merlinville de l’inconnue du train (pour la plus grande joie d’Hastings) seront l’occasion pour le lecteur de soupçonner encore bien d’autres personnages…

Surprise du dénouement, j’ai une nouvelle fois beaucoup aimé avancer dans l’enquête aux côtés de Poirot. Si j’ai aimé le final en lui-même, je l’ai pour autant trouvé plutôt alambiqué. Retournements de situation. Aller-retour entre diverses hypothèses. Il faut s’accrocher pour ne pas se perdre ! C’est peut-être le seul petit point négatif que je note pour cette enquête, le récit s’en retrouvant parfois un peu alourdi. Heureusement, une fois toute la lumière posée sur cette affaire, le tout se tient et on ne peut encore une fois qu’applaudir la perspicacité et le talent de Poirot.

Pour résumer, j’ai apprécié me plonger dans l’intrigue du Crime du golf et ce malgré un final un peu complexe. Cette nouvelle enquête est l’occasion de retrouver un Poirot agacé par les railleries d’un inspecteur français (esprit de compétition oblige) mais aussi… un Hastings amoureux ! Inutile de préciser que leur séjour en France ne fut pas de tout repos.

Extraits …

« Il était 9 heures à peine passées, quand j’entrai dans notre salon commun pour le petit-déjeuner. Mon ami Poirot, d’une scrupuleuse ponctualité comme à son habitude, cassait délicatement la coquille de son deuxième œuf. »

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