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Éditions Casterman, 2014 (97 pages)

Ma note : 16/20

Octobre 1934. Paris retient son souffle lorsque débute le procès de Violette Nozière, une jeune femme âgée de 19 ans. Celle que l’on surnommera rapidement le monstre en jupon est accusée d’avoir empoisonné ses parents. Les journalistes ne se privent pas de revenir sur les nombreux mensonges de la jeune fille, son goût pour l’argent ou encore sa vie libre et dissolue. Condamnée à la guillotine, Violette Nozière bénéficiera de la grâce du président Lebrun. Elle sortira définitivement de prison en 1945, pour démarrer une nouvelle vie dans l’anonymat et la simplicité.

Vous commencez à connaître mon engouement pour les Années folles et les 30’s. Aussi, lorsque je suis tombée par hasard sur ce roman graphique à la bibliothèque, je n’ai eu qu’une envie : l’emprunter. Non seulement je trouve la couverture sublime, mais je ne connaissais absolument pas les ressorts de cette affaire qui aura fait les gros titres de la presse de l’époque. Très doux et épurés, les dessins de Camille Benyamina contrastent avec la noirceur du scénario. Les jeux d’ombre et de lumière sont saisissants. La mode et l’atmosphère des années 30 transpercent les pages. Avec ce roman graphique, je ne serai vraiment pas passée loin du coup de cœur !

Été 1933. Violette a 18 ans lorsqu’elle envisage de tuer ses parents pour empocher l’héritage. Son objectif : amasser suffisamment d’argent pour s’offrir une vie de rêve, et de longues vacances, avec son amant (Jean Dabin). Lorsque le breuvage, contenant de l’acide barbiturique, est ingurgité par Germaine et Baptiste Nozière il est déjà trop tard pour faire machine arrière… Si la mère de Violette survit miraculeusement, la jeune fille n’aura qu’une idée en tête au cours de son procès : obtenir le pardon de celle qu’elle aime tant !

Avec ce roman graphique, je me suis plu à découvrir le portrait psychologique de Violette Nozière. Teint pâle, rouge à lèvres carmin, regard mutin, la jeune femme semble éprise de liberté et collectionne les amants. Plus une enfant, mais pas encore une femme, toute la complexité de son personnage est aussi là. Violette Nozière étouffe dans un environnement familial très strict et rêve d’indépendance. Ce qu’elle préfère : aller danser avec son amie Maddy, séduire et fréquenter des hommes, s’imaginer vivre dans un univers synonyme de luxe et d’opulence (une description qui semble bien loin de son quotidien : ses parents travaillent dur pour joindre les deux bouts). Alors Violette fuit, puise dans les économies familiales et dissimule ses frasques les plus immorales. Jusqu’à atteindre un point de non-retour.

À la fin de l’ouvrage, j’ai beaucoup apprécié retrouver une postface (illustrée de photos d’archives) nous renseignant sur le vécu de Violette Nozière, une fois son procès terminé. Ces quelques pages offrent une réelle plus-value à l’ensemble.

En bref, si vous aimez cette période de l’Histoire, je ne peux que vous inviter à découvrir Violette Nozière, vilaine chérie. Fait divers scandaleux, le crime pensé par cette jeune femme a secoué la France des années 30. J’ai apprécié découvrir cette affaire d’empoisonnement tout en m’interrogeant sur la personnalité de la jeune Violette. Les dessins réalisés par Camille Benyamina sont très réussis, ce qui ne gâche rien. Ce roman graphique est, pour moi, un quasi coup de cœur !

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