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Éditions Les Escales, 2017 (429 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

Dans sa boîte aux lettres, Ellie trouve, semaine après semaine, des cartes postales signées d’une simple initiale : A. Ces cartes ne lui sont pourtant pas destinées. Pourquoi lui parviennent-elles ? Qui est l’expéditeur ? Mystère.
Portant l’éclat du ciel grec et l’eau cristalline de la mer, ces missives sortent la jeune femme de sa morosité quotidienne. Un jour, elles cessent cependant d’arriver. Ellie se sent délaissée, privée de cette bouffée d’oxygène qui la faisait rêver et voyager. Elle prend alors une décision : découvrir ce pays par elle-même.
Le matin de son départ, Ellie reçoit un carnet par la poste. L’odyssée d’un homme, le fameux A, y est racontée. Celui-ci observe avec tendresse et générosité les Grecs, leurs coutumes, et ce qui fait le sel de leur quotidien. Derrière ses observations et ses savoureuses anecdotes se dessine le portrait d’un homme blessé. Pourrait-il encore croire à l’amour ?

La première phrase

« Elles arrivaient écornées, toujours déchirées, souvent illisibles, comme ayant traversé l’Europe dans la poche arrière d’un pantalon. »

Mon avis …

Comme j’ai aimé ce roman ! Je dois dire qu’à sa sortie (au printemps), Cartes postales de Grèce me faisait déjà drôlement envie. J’ai pourtant préféré attendre un peu : l’occasion était trop belle de découvrir cet écrit une fois mes vacances en Grèce achevées. J’ai littéralement été séduite par cet ouvrage qui présente une forme plutôt originale. J’ai aimé retrouver l’atmosphère ensoleillée et antique de la Grèce, tout comme j’ai pu apprendre de nombreux détails sur les traditions et coutumes grecques (dont je n’avais pas forcément eu vent, même après mon voyage). Victoria Hislop signe ici un roman envoûtant, au charme certain. Il fera certainement partie de mes coups de cœur pour cette année 2017.

Agrémenté de cartes postales colorées, cet ouvrage est un vrai régal pour les yeux. Cartes postales de Grèce n’est donc pas un roman comme les autres : l’histoire d’Ellie prend finalement très peu de place, et n’est qu’un prétexte pour que le lecteur se retrouve face au carnet de notre mystérieux A. Souhaitant guérir d’un chagrin d’amour, Anthony entreprend de découvrir quelques lieux emblématiques de la Grèce. L’occasion d’être ébloui par la beauté des paysages, mais aussi d’être parfois confronté à l’envers du décor… Anthony consignera dans son carnet les diverses anecdotes relatées par certains locaux. Nous découvrons ainsi une nation aux multiples contradictions : moderne, tout en tenant plus que tout à ses traditions ; riche sur le plan culturel, tout en étant confrontée à la crise économique ; repliée sur elle-même (surtout dans les petits villages), tout en étant ouverte sur le monde. Cette complexité n’en est que plus passionnante à saisir.

Même si les paysages décrits par Victoria Hislop sont sublimes, j’ai donc apprécié que l’auteure dépasse une vision de la Grèce qui aurait pu être quelque peu idéalisée. Les petites histoires qui nous sont présentées via la voix des locaux parlent tout autant d’amour, que de vengeance ou encore de solitude. Si certaines font réfléchir, d’autres sont plutôt cruelles pour les protagonistes concernés. Il est question de traditions, de pauvreté économique, de mythes, de rencontres…

Si le final (pour ce qui concerne Ellie et Anthony) est plutôt convenu, je n’ai pas été gênée plus que ça par cet aspect tant je suis restée absorbée par les anecdotes du carnet. Elles sont pour moi le trésor de ce roman. Les reproductions de cartes postales apportent quant à elles une réelle plus value à l’ensemble. Après avoir lu ce roman, je n’ai qu’une envie : repartir en Grèce pour mes prochaines vacances !

Extraits …

« C’était un coucher de soleil si étrange et si intense qu’elle retint son souffle.
Le ciel était envahi d’une fumée rose, comme si une éruption volcanique lointaine projetait des flammes et des cendres vers les cieux. »

« Certains Grecs ne prévoient jamais rien d’important le mardi. C’est ce jour-là que la grande Constantinople, lieu le plus important de la chrétienté, est tombée aux mains des Turcs. Cet évènement a beau remonter à plus de cinq cents ans, l’ombre de la tragédie de 1453 reste présente. »

« Méthoni, Mystra, Monemvasia, Naupacte, Nauplie, Olympie, Sparte…
Ces noms possédaient un pouvoir magique et Elle se laissait envouter. Elle aspirait à découvrir les lieux de ces photos. Ceux-ci tournoyaient dans son esprit, tels les mots d’une langue étrangère dont elle aimait la musicalité sans en comprendre sens : Kalamata, Kalavryta, Kosmas. Leur ronde ne s’interrompait jamais. »

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