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Éditions Perrin, 2005 (427 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

En 1898, Sissi était assassinée à Genève par un anarchiste italien. Depuis, l’impératrice d’Autriche et reine de Hongrie est devenue un mythe. Souveraine à la beauté légendaire, fantasque et solitaire, elle a inspiré peintres, poètes, psychanalystes, cinéastes.
Voici la Sissi historique, cette princesse bavaroise qui, en 1854, épouse l’empereur François-Joseph. À Vienne, on la critique ; à Budapest, sous le prénom d’Erszébet, on la vénère, car elle défend le nationalisme magyar contre l’emprise autrichienne. Voyageuse acharnée, Sissi se réfugie aux frontières du non-conformisme, plus lucide que bien des diplomates sur les déchirements balkaniques.
Pendant cinq ans, l’enquête de Jean des Cars l’a conduit dans l’ancien empire des Habsbourg à la rencontre des descendants de Sissi, et à la recherche des archives et de souvenirs inédits.

Mon avis …

J’ai toujours été passionnée par le destin hors norme, mais aussi par la personnalité (ô combien intéressante), d’Elisabeth d’Autriche dite Sissi. Aussi, lorsque j’ai reçu cette jolie biographie de la hotte du Père Noël, j’étais on ne peut plus curieuse et enthousiaste à l’idée d’en apprendre davantage sur le vécu de l’impératrice d’Autriche. Jean des Cars signe ici une biographie complète, qui reste abordable. Il réussit le pari de redonner vie à l’impératrice ainsi qu’à tous ses proches. Je ne regrette donc absolument pas cette lecture, bien au contraire.

De Sissi, on garde souvent à l’esprit le portrait d’une femme romantique, un peu guimauve (sans doute à l’image de la trilogie où Romy Schneider prête ses traits à la future reine de Hongrie). Sissi était pourtant d’une nature mélancolique, avec des tendances dépressives (le fameux héritage des Wittelsbach). Mais elle était aussi une femme indépendante, férue de voyages (on la surnommait même l’impératrice locomotive !), moderne (allant jusqu’à se faire tatouer une ancre de bateau sur l’épaule) et anticonformiste. Sa beauté était également on ne peut plus célébrée. Sissi passait pour être la plus belle femme d’Europe en cette seconde moitié du XIXe siècle (en compétition avec l’impératrice Eugénie). Il suffit de jeter un œil aux magnifiques portraits de l’époque. Elisabeth d’Autriche cultivait ce culte de la beauté jusque dans l’excès. Elle ne se nourrissait que de jus de viande, et surveillait son tour de taille (qui ne devait absolument pas dépasser 50cm !). Un portrait contrasté donc, plus sombre qu’on ne pourrait le penser.

J’ai tout simplement dévoré cette biographie. Divisée en plusieurs chapitres, Jean des Cars nous brosse un portrait complet de l’impératrice. De son enfance, à son assassinat par un anarchiste, j’ai suivi avec un grand plaisir l’évolution de cette femme éprise de nature et de liberté. Elle n’était certainement pas en phase avec son temps, et aura très mal vécu le carcan dans lequel elle s’est retrouvée enfermée dès ses 16 ans, à la cour de Vienne. Désirant fuir le protocole très strict de la cour autrichienne, elle voyage, retourne sur ses terres de Bavière. L’empereur François-Joseph qui aimera Sissi jusqu’à la fin de sa vie (en 1916) déplorera d’ailleurs ces incessants départs et voyages.

Sissi devait être une femme tout simplement passionnante. Mais Jean des Cars n’hésite pas à écorner quelque peu son statut d’icône. J’ai ainsi appris que Sissi avait toujours eu une préférence pour l’un de ses enfants (une de ses deux filles précisément, Marie-Valérie), ou encore qu’elle faisait subir à son corps de longues marches ou des courses à cheval à n’en plus finir (même ses proches avaient du mal à la suivre). Les malheurs, qui n’ont cessé de la poursuivre, émailleront sa vie. Ils permettent peut-être de mieux comprendre certaines lubies de l’impératrice. Plus que mystérieuse, Sissi était certainement une femme incomprise. Et c’est aussi ce qui me la rend, par certains côtés, attachante.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré me plonger dans cette biographie on ne peut plus réussie. D’autant plus que Jean des Cars n’hésite pas à détailler quelques anecdotes croustillantes (notamment la première rencontre entre Sissi et l’impératrice Eugénie, où les deux femmes ont été prises sur le fait à comparer leurs jambes grâce à un miroir). L’auteur offre également une hypothèse intéressante, et plutôt étonnante, au drame de Mayerling. Bonne pioche avec cette biographie, qui réussit le pari de nous rendre Sissi plus proche, presque à nos côtés, le temps de quelques pages.

Extraits …

« Comment résister à cette femme exceptionnelle ? Certes, l’impératrice d’Autriche et la reine de Hongrie furent Sissi. Image exacte mais très incomplète. Elle fut aussi une grande dame, l’une des plus belles d’Europe (l’impératrice Eugénie était, dans ce domaine, sa rivale) et l’une des plus surprenantes. Déconcertante par ses caprices, touchante par sa simplicité, émouvante par ses enthousiasmes, influente pas ses vues politiques épuisante par ses voyages, bouleversante par sa dignité dans le drame, telle fut la souveraine. »

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