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9782344014783-L

Éditions Glénat, 2017 (56 pages)

Ma note : 16/20

1884. Rochefort. Une main féminine jette au feu des bribes de lettres appartenant au passé. Berthe Morisot se souvient alors… Ses débuts en tant que peintre aux côtés de sa sœur aînée, Edma. Mais aussi sa rencontre avec le sulfureux Manet, qui fit scandale avec plusieurs de ses toiles (Le déjeuner sur l’herbe ou encore Olympia). Portrait d’une liaison (dont j’ignorais tout à fait l’existence avant d’ouvrir cette bande-dessinée), cet ouvrage se fait également témoignage d’une société : celle du Paris et des Arts dans la seconde moitié du XIXe siècle. Michaël Le Galli et Marie Jaffredo signent une jolie reconstitution historique. Le temps de quelques pages, le lecteur se plaît à suivre la romance, presque impossible, entre une artiste passionnée et un peintre aussi volage dans ses relations avec les femmes que décrié par la critique.

J’ai reçu cette bande-dessinée en cadeau pour mon anniversaire, à la fin du mois d’avril. Je dois dire que j’étais plus que ravie tant elle me faisait envie depuis sa sortie. Je trouve la couverture sublime, mais j’espérais aussi en apprendre davantage sur Manet et Berthe Morisot, après m’être familiarisée avec l’univers et le vécu de Monet (autre peintre emblématique du courant impressionniste). Je n’ai absolument pas été déçue du voyage, tant j’ai réussi à saisir les grands traits de personnalité de nos protagonistes. D’emblée, je dois vous avouer que je n’ai pas réussi à éprouver beaucoup de sympathie pour Manet. Il nous est présenté comme un dandy issu de la bourgeoisie, mais également comme un homme frivole, délaissant sa femme (Suzanne) qu’il représentera malgré tout sur quelques-unes de ses toiles. J’ai au contraire trouvé Berthe Morisot, artiste reconnue en son temps, plutôt touchante tant elle se montre entière et amoureuse dans sa relation avec Manet.

Loin de se cantonner au récit d’une passion, les auteurs s’attachent tout autant à planter un décor convaincant. Expositions. Salons. Discussions autour de l’Art, mais aussi quelques vertes critiques envers les toiles de Manet. Tout y est ! J’ai également beaucoup apprécié retrouver, au fil des pages, quelques grandes figures de cette seconde moitié du XIXe siècle (notamment Zola). Voyage dans le temps garanti !

Enfin, pour ce qui est du graphisme, j’ai aimé découvrir la douceur des dessins de Marie Jaffredo. Le travail apporté à la couleur est quant à lui tout aussi intéressant. Les couleurs pastel se conjuguent parfois avec des touches de rouge ou avec des tonalités plus franches. J’ai également apprécié l’alternance entre les scènes urbaines et des décors plus bucoliques.

Bref, je pense que vous l’aurez compris, j’ai grandement apprécié découvrir cette bande-dessinée. Le récit aurait pourtant peut-être mérité d’être davantage étoffé : quelques planches de transition auraient ainsi pu mieux servir l’évolution de la relation entre les deux artistes, surtout à la fin de la bande-dessinée où on se dit qu’on a peut-être loupé quelque chose… J’ai également été un brin déçue de constater une petite maladresse, au niveau des proportions, pour un personnage (sur certaines planches uniquement). Heureusement le dossier consacré à Manet, pour clôturer la BD, rattrape le tout. On prend plaisir à retrouver les œuvres symboliques du peintre associées à quelques explications. J’ai un peu regretté qu’il n’en soit pas de même pour Berthe Morisot, mais je suis sans doute quelque peu exigeante. Quoiqu’il en soit, cette bande-dessinée mérite le coup d’œil, que l’on s’intéresse à l’univers de la peinture ou non.

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