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Éditions Fleuve, 2018 (428 pages)

Ma note : 14/20

Quatrième de couverture …

Une semaine à bord d’un yacht luxueux, à sillonner les eaux du Grand Nord avec seulement une poignée de passagers.
Pour Laura Blacklock, journaliste pour un magazine de voyages, difficile de rêver d’une meilleure occasion de s’éloigner au plus vite de la capitale anglaise.
D’ailleurs, le départ tient toutes ses promesses : le ciel est clair, la mer est calme et les invités très sélects de l’Aurora rivalisent de jovialité. Le champagne coule à flots, les conversations ne manquent pas de piquant et la cabine est un véritable paradis sur l’eau.
Mais dès le premier soir, le vent tourne. Laura, réveillée en pleine nuit, voit la passagère de la cabine adjacente être passée par-dessus bord. Le problème ? Aucun voyageur, aucun membre de l’équipage ne manque à l’appel. L’Aurora poursuit sa route comme si de rien n’était. Le drame ? Laura sait qu’elle ne s’est pas trompée. Ce qui fait d’elle l’unique témoin d’un meurtre, dont l’auteur se trouve toujours à bord…

La première phrase

« Quelque chose n’allait pas, je l’ai tout de suite compris quand je me suis réveillée dans le noir, avec la chatte qui me donnait des petits coups de patte sur le visage. »

Mon avis …

Sur le papier, La disparue de la cabine n°10 disposait de quelques atouts pour grandement me plaire. Une ambiance huis clos. Une croisière on ne peut plus dépaysante. De nombreux suspects, et la possibilité d’enquêter sur l’identité du meurtrier (littéralement coincé à bord) ! J’ai eu l’occasion d’emprunter ce thriller dans la bibliothèque familiale, et je ne le regrette pas une seule seconde. J’ai trouvé le roman addictif : les pages tournaient toutes seules, je ne pouvais plus du tout m’arrêter. Malheureusement, je n’ai pas été conquise autant que j’aurais souhaité l’être. Cette expérience de lecture a sans doute souffert (bien malgré moi) de la comparaison avec Mort sur le Nil, dont on retrouve de nombreux ingrédients et qui propose une intrigue de départ similaire.

Journaliste et trentenaire, Laura Blacklock n’hésite pas un instant lorsque l’occasion lui est offerte de faire ses preuves sur le plan professionnel. L’idée d’une croisière d’une semaine à bord de l’Aurora, un paquebot de luxe, s’annonce palpitante. Rencontrer d’autres passagers, pour la plupart richissimes, lui permettra sans aucun doute de se faire des contacts et un nom, mais aussi d’épater sa supérieure. Laura ne s’attendait simplement pas à devoir jouer les enquêtrices en herbe. Lorsque la passagère de la cabine qui jouxte sa propre chambre est semble-t-il expédiée par-dessus bord, les doutes s’intallent… Sa propre vie est-elle en danger ? Qui pourrait avoir fait le coup ? Lord Bullmer, propriétaire du yacht, et son épouse (de santé plutôt fragile) semblent être hors de cause. Mais alors qui… Ben, son ex plutôt lourd, qui tente de lui mettre le grappin dessus ? Nilsson, l’agent de sécurité qui ne croit absolument pas aux soupçons de notre héroïne ? Laura devrait se méfier de tous, surtout si elle veut s’en sortir…

Le point positif de ce roman : son ambiance huis clos on ne peut plus efficace. Sur ce bateau, Laura se trouve coupée du monde (le réseau ne fonctionnant pas). Et je dois dire que regroupés, tous les petits détails imaginés par l’auteure tiennent la route et réussissent à nous donner quelques sueurs froides. Les fragilités de Laura nous sont également révélées, et c’est un autre point que j’ai adoré. J’ai ainsi pu douter de tous les personnages, même de notre héroïne. La construction du récit est entrecoupée de mails de Judah, le petit ami de Laura. Ceci permet de proposer un autre angle de vue, et de nous induire en erreur, une nouvelle fois.

Là où j’ai été déçue, c’est au niveau des personnages secondaires. Certains sont mis en avant plus que d’autres, mais je dois dire que dans l’ensemble je les ai trouvés plutôt fades et n’apportant pas forcément une plus-value à l’intrigue. Outre la disparition d’une passagère et le ressenti de claustrophobie de Laura (dont on ne doute pas une seule seconde tant le lecteur se trouve embarqué dans l’intrigue), il ne se passe pas non plus grand chose sur ce yacht, et c’est bien dommage.

Avec La disparue de la cabine n°10, j’ai plutôt passé un bon moment même s’il me manque aujourd’hui quelques ingrédients pour faire de cette lecture un coup de cœur. Le final proposé, angoissant et bluffant à souhait, est plutôt intéressant. Un roman à découvrir pour son ambiance huis-clos, étouffante.

Extraits …

« Je n’arrête pas de penser à elle, ai-je dit tout à coup pendant que nous atteignions la porte.
Ben s’est arrêté, la main sur le loquet.
– Comment ça ?
À la fille… la fille de la cabine n°10. À ce qu’elle a dû ressentir quand il l’a attaquée – je me demande si elle était vivante quand elle est passée par-dessus bord. Je n’arrête pas d’imaginer la sensation qu’elle a dû éprouver, le choc de l’eau froide, la vue du bateau qui s’éloignait… »

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