La vallée des poupées • Jacqueline Susann

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Éditions 10/18, 2016 (479 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

1945. Anne Welles quitte sa famille et son fiancé de Nouvelle-Angleterre pour s’installer à New-York, la tête pleine de rêves. Devenue secrétaire d’un avocat spécialisé dans le théâtre, elle fait la connaissance de l’ambitieuse Neely et de la sublime Jennifer, toutes deux prêtes à tout pour faire carrière dans le monde du spectacle. Des coulisses de Broadway aux plateaux d’Hollywood, de la vie nocturne new-yorkaise aux cures de désintox, très vite, elles réalisent le prix à payer pour une victoire aussi précaire qu’éphémère…

La première phrase

« Septembre 1945
La température frisait les trente-trois degrés le jour de son arrivée. »

Mon avis …

Une couverture estivale. La promesse d’une plongée dans l’Amérique des 50’s. Il ne me fallait rien de plus pour que ce roman me fasse drôlement envie. Je n’avais jusqu’ici jamais entendu parler de Jacqueline Susann, ni de l’adaptation filmique tournée en 1967. Si une fois ouvert, je n’ai pu me détacher de cet écrit tant je me suis trouvée happée par le destin de nos trois héroïnes (Anne, Neely et Jennifer), j’ai été surprise par l’amertume que ce roman est en mesure de dégager une fois refermé.

Milieu des années 40. Quand Anne Welles entreprend de quitter la Nouvelle-Angleterre pour fuir un quotidien morne laissant peu de place à la surprise, la jeune femme en quête d’indépendance est encore loin d’imaginer ce qui l’attend. Elle décroche un emploi, pour devenir assistante personnelle d’un avocat, et se retrouve fiancée à un fils à papa qui tente tout pour l’éblouir. Doit-elle épouser cet homme, très gentil mais dont elle n’est pas amoureuse, ou succomber au charme du séduisant Lyon Burke qui travaille dans le même bureau ? En plus de suivre le quotidien de notre héroïne, le lecteur est invité à rencontrer Neely O’ Hara, une artiste ambitieuse qui rêve de percer dans le monde du spectacle et des comédies musicales, ainsi que Jennifer North, incarnation parfaite (aux yeux des hommes) de la femme fatale.

Comme j’ai aimé ce roman ! Malgré son format pavé, les pages filaient à une vitesse folle. J’ai apprécié suivre nos trois amies sur une vingtaine d’années (le roman s’achève en 1965). L’univers décrit par Jacqueline Susann est cependant loin d’être idyllique. Les hommes sont inconstants, menteurs ou encore infidèles. Le recours aux poupées (des pilules prescrites plus ou moins facilement) pour tenir le rythme des tournages, fuir la fausseté des uns ou des autres, oublier certaines désillusions, est pour le moins glaçant. Les paillettes et le succès valent-elles la peine de se faire autant de mal ou de passer à côté de ce que l’on est vraiment ? La plume de Jacqueline Susann est explicite, et parfois incisive. Autant vous prévenir tout de go, l’atmosphère de ce roman n’a rien à voir avec ce que pouvait laisser présager la couverture. En refermant cet écrit, j’ai en tout cas le sentiment que l’auteure traite son sujet avec réalisme. Derrière les paillettes, la compétition se fait féroce. Cures de sommeil, chirurgie esthétique, recours à divers médicaments plus ou moins bons pour la santé (les fameuses pilules) : c’est là tout l’envers du décor des plateaux d’Hollywood.

De nos trois héroïnes, Anne est sans aucun doute celle avec laquelle j’aurai le plus sympathisé. Un brin naïve, mais fidèle à ses convictions, c’est aussi celle qui s’en sortira le mieux à la fin du roman (reste à voir à quel prix…). La vallée des poupées est un roman que j’ai réussi à apprécier. Malgré des choix peu judicieux voire dangereux, on se plaît à évoluer auprès de Jennifer, de Neely et d’Anne. Ce roman est aussi l’occasion d’aborder le diktat de la femme objet pour réussir à Hollywood mais aussi la dégringolade du système avec l’arrivée d’un nouveau média : la télévision. Ce roman se lit comme une saga. J’ai suivi Anne, ses envies, ses choix, avec beaucoup d’intérêt, tandis que je me suis surprise à adorer détester Lyon Burke ou encore Helen Lawson.

Extraits …

« J’ai dû embrasser à peu près tous les garçons de la ville et chaque baiser m’a déplu autant que le précédent.(…)
– Tu es une jeune fille bien élevée , Anne. C’est pourquoi tu n’aimes pas embrasser, fit sa mère qui avait retrouvé sa bonne humeur. »

« J’ai le meilleur champagne qui existe mais je ne peux pas en boire parce que ça fait grossir, j’ai une piscine dont je ne peux pas profiter pour éviter les taches de rousseur, j’ai deux placards qui débordent de robes que je n’ai jamais le temps ni l’occasion de porter parce que je reste chez moi le soir pour apprendre mon rôle, John, fit-elle en s’asseyant sur ses pieds, que s’est-il donc passé ? »

4 commentaires sur “La vallée des poupées • Jacqueline Susann

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