Le pays du dauphin vert • Elizabeth Goudge

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Éditions Phébus, 2007 (792 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Nous sommes au XIXe siècle dans une bourgade des îles Anglo-Normandes. La famille du jeune William emménage rue du Dauphin Vert. L’adolescent se lie à ses deux voisines, la jolie et souriante Marguerite, et la grave Marianne, plus ingrate. On rêve, on rit, on pleure, et l’on se moque de ce benêt de William qui, malgré sa préférence marquée pour Marguerite, ne peut s’empêcher de mélanger les prénoms des deux sœurs. Un détail idiot qui va bouleverser le cours de trois existences…
William s’établit colon en Nouvelle-Zélande, toujours épris de son amoureuse d’hier. Prenant un jour son courage à deux mains, il demande par lettre la main de Marguerite. Quelques mois plus tard, il a la surprise de sa vie : c’est Marianne qui débarque du bateau…

La première phrase

« Sophie Le Patourel lisait à haute voix des passages du Livre de Ruth à ses deux filles qui, allongées sur une planche orthopédique, digéraient leur dîner tout en redressant leur dos. »

Mon avis …

À l’heure où je vous écris, et je viens tout juste de refermer ce roman fabuleux, je suis plus que ravie d’avoir pu découvrir la plume d’Elizabeth Goudge. On y trouve un tel amour de la vie et des petits riens de l’existence ! Côté récit, j’ai aimé voyager entre les îles anglo-normandes fouettées par le vent et la sauvage Nouvelle-Zélande. Alors oui, peut-être que l’auteure nous décrit une île quelque peu fantasmée (elle avouera n’y avoir jamais mis les pieds), mais pour moi peu importe… je suis passée par toute une palette d’émotions. Et comme j’aime ces romans où l’on « vit » véritablement l’histoire. J’ai souri, j’ai été agacée. J’ai lutté pour survivre au milieu du peuple maori. Car de l’aventure, il y en a : des marins, des naufrages, des scènes de mise à mort… rien n’est épargné à nos personnages. Les portraits psychologiques sont suffisamment fouillés pour que l’on suive, avec bonheur, les joies, peines et remises en question de nos héros. J’aurai mis un bon mois pour venir à bout de ce pavé, mais quelle aventure ! J’ai lu ce roman en compagnie de Coralie (son avis arrivera prochainement sur son blog).

Années 1830. Guernesey. Marianne et Marguerite Le Patourel, deux sœurs que tout oppose, s’apprêtent à vivre leurs premiers émois alors qu’elles mènent une vie paisible au Paradis, la demeure familiale. Lorsque William Ozanne, fils de médecin, s’installe sur l’île, rue du Dauphin Vert, les choses sérieuses commencent…

J’ai beaucoup aimé la galerie de personnages que nous propose Elizabeth Goudge. Outre Marguerite, joyeuse et pleine de vie, ou encore l’orgueilleuse et agaçante (mais ô combien digne et courageuse) Marianne, le lecteur est amené à rencontrer William (un homme indolent, mais touchant), le capitaine O’Hara (un vieux loup de mer), Nat, Samuel, Véronique ou encore Old Nick le perroquet. Tous sont si humains, si touchants, je ne les oublierai pas de sitôt.

J’ai surtout apprécié suivre ces personnages sur plusieurs décennies. Les choix. Les erreurs. La vieillesse qui s’installe. Tant de thématiques sont abordées. Elizabeth Goudge nous transmet qu’il ne faut jamais sous-estimer ou oublier l’enfant qui dort en nous, mais également que chaque petit moment de l’existence compte, vaut la peine d’être vécu et savouré. Un réel bonheur !

Je n’ai pourtant pas ressenti le coup de cœur tant espéré (même si je l’ai frôlé). Peut-être parce que le religieux tient une grande place dans cette œuvre (XIXe siècle oblige, mais il est aussi question de suivre des colons). Je n’ai pas été gênée par cet aspect, disons que j’ai parfois trouvé que c’était “trop”. Les passages reliés à Samuel, ou à Tai Haruru, m’auront moins captivée que d’autres. J’ai préféré me concentrer sur les relations entre les personnages.

Le pays du dauphin vert reste un roman que je vous encourage à découvrir si ce n’est déjà fait. Reçu en cadeau lorsque j’étais adolescente, je n’avais alors jamais réussi à le terminer. Il aura fallu attendre mes 30 ans pour que je le découvre enfin, et c’est sans doute un livre qui mérite d’être lu plusieurs fois, à différentes périodes de l’existence. Je compte donc le conserver précieusement.

Extraits …

« Elle était déterminée, cette fois, à se montrer vaillante, dans l’intérêt de William. Là où il irait, elle irait, car elle était son refuge, comme il était le sien. »

« C’étaient les bonnes choses, le sable ondulé par les eaux, le vent qui soufflait sur les vagues aux crêtes blanches, le soleil et les étoiles, c’était tout cela qui était solide et durable. »

11 commentaires sur “Le pays du dauphin vert • Elizabeth Goudge

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