Un clafoutis aux tomates cerises • Véronique de Bure

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Éditions Flammarion, 2017 (377 pages)

Ma note : 18/20

Quatrième de couverture …

Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir pas trop souvent ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine… Un clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d’une femme qui nous donne envie de vieillir.

La première phrase

« J’ai passé l’hiver. J’écarte les rideaux et regarde à travers les carreaux. »

Mon avis …

Si vous recherchez de l’action, passez votre chemin. Un clafoutis aux tomates cerises nous raconte le quotidien, saison après saison, d’une vieille dame : Jeanne, âgée de quatre-vingt dix ans. Au fil des pages, cette nonagénaire nous livre ses petits bonheurs, ses chagrins, son regard sur le temps qui passe, le tout émaillé de ses souvenirs.

Comme j’ai aimé ce roman tout doux ! Je l’ai dégusté comme une bonne tasse de thé. Véronique de Bure partage avec nous un regard bienveillant, mais aussi teinté d’humour, sur le grand âge. C’est simple, je me sentais bien en compagnie de ce livre. Même si ça ne va pas à cent à l’heure. Jeanne (qui porte le prénom d’une de mes grands-mères) se montre extrêmement attachante.

Jeanne est une sympathique vieille dame qui a encore toute sa tête. Au soir de sa vie, elle évoque ses parties de cartes entre copines, les visites souvent inopinées de ses enfants, les mots croisés du Figaro, son amour pour ses fleurs et son jardin, sa peur panique de l’Alzheimer ou encore ses virées en voiture. Il n’y a pas de doute, ce roman oscille entre un ton pétillant et teinté de nostalgie lorsque Jeanne raconte son enfance, l’Occupation, nous parle de son défunt mari (René), de ses premières années de mariage ou encore de sa relation complexe avec sa belle-mère. C’est un roman simple, mais en même temps si tendre.

Un clafoutis aux tomates cerises nous offre une réflexion sur le vieillir, sur le grand âge. On voit sans doute les choses différemment après avoir lu ce roman. Des petits riens viennent prendre un sens nouveau. On peut ici réfléchir, se mettre à la place de Jeanne, peut-être essayer de mieux comprendre. Ce livre nous incite aussi à profiter des petits bonheurs de l’existence, et c’est chouette !

Je ne sais pas si l’auteure a tenu à retranscrire le vécu de sa maman, mais j’ai réellement eu l’impression de me plonger dans un journal intime, et non dans un roman (où l’on rencontre des personnages fictifs, donc). Après avoir eu accès aux pensées, aux ressentis de Jeanne, on a envie de : la regarder faire ses mots fléchés, boire un petit muscat en sa compagnie ou encore équeuter ses haricots verts !

Vous l’aurez compris, j’ai eu un coup de cœur pour ce roman tendre et mélancolique sur la vieillesse. Je l’ai dégusté. Je l’ai quitté en me disant que c’était une jolie lecture. Je ne peux donc que vous encourager à sauter le pas pour le lire, si ce n’est encore fait.

Extraits …

« On ne s’ennuie qu’avec les autres, jamais avec soi-même. »

« Plus le temps avance et plus le passé semble vouloir s’attarder, peu pressé de devenir un souvenir. »

« Et puis l’automne, c’est aussi du rouge, de l’orangé et de l’or en feuilles. C’est l’odeur d’enfance des marrons chauds, le goût sucré des raisins mûrs et la saveur boisée des poêlées de cèpes. »

7 commentaires sur “Un clafoutis aux tomates cerises • Véronique de Bure

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