Le parfum de la dame en noir • Gaston Leroux

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Éditions Le livre de poche, 1987 (448 pages)

Ma note : 11/20

La première phrase

« Le mariage de M. Robert Darzac et de Mlle Mathilde Stangerson eut lieu à Paris, à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, le 6 avril 1895, dans la plus stricte intimité. Un peu plus de deux années s’étaient donc écoulées depuis les événements que j’ai rapportés dans un précédent ouvrage, événements si sensationnels qu’il n’est point téméraire d’affirmer ici qu’un aussi court laps de temps n’avait pu faire oublier le fameux Mystère de la Chambre Jaune… »

Mon avis …

Gaston Leroux fait partie de mes auteurs favoris. La poupée sanglante et La machine à assassiner ont été deux énormes coups de cœur dans ma vie de lectrice. J’ai ensuite lu Le mystère de la chambre jaune (à l’automne 2018) : il me fallait donc découvrir la suite. Publié en 1908, Le parfum de la dame en noir constitue le deuxième épisode des aventures de Joseph Rouletabille, notre héros et jeune journaliste.

Nous retrouvons ici une grande partie des personnages du Mystère de la chambre jaune. Le roman s’ouvre ici sur un évènement festif : Mathilde Stangerson et Robert Darzac, fous amoureux, convolent enfin en justes noces. Tout irait pour le mieux si l’ombre du sinistre agresseur de la chambre jaune ne rôdait pas dans les parages… Croyant avoir aperçu le bandit plusieurs fois au cours de leur voyage de noces, nos jeunes mariés décident d’écourter leur séjour à l’étranger pour se réfugier au domaine des Rochers rouges, une forteresse médiévale située près du littoral méditerranéen. Leurs amis, les Rance, sont prêts à les accueillir. Tout ce petit monde sera bientôt rejoint par Rouletabille, et son ami Sainclair (qui fait office de narrateur).

Sur le papier, ce roman avait de sérieux atouts pour me plaire. Une ambiance huis clos. L’écriture surannée et délicieuse de Gaston Leroux. Plus encore, une énigme à déceler. Malheureusement pour moi, je ressors déçue de cette lecture (c’est bien la première fois avec cet auteur). La magie n’a pas du tout opéré, la faute à quelques longueurs, mais aussi à un final quelque peu tiré par les cheveux à mon goût.

Pourtant, Joseph Rouletabille se dévoile dans ce roman. Gaston Leroux étoffe son personnage en nous révélant une part de son passé et de ses fragilités. Il faut pour cela remonter à l’enfance de Rouletabille, et au souvenir du doux parfum d’une dame habillée de noir. Nous retrouvons un Rouletabille dans l’émotion, ce qui tranche totalement avec l’image qu’il avait pu laisser la fois précédente : celle d’un jeune journaliste sûr de lui, qui roule des mécaniques tout en se montrant très brillant.

C’est peut-être ce qui m’a déplu. Il y avait trop d’allers-retours dans le temps, et un peu trop de démonstration de sentiments.

Côté raisonnement et intrigue policière, on reconnaît par contre la patte de notre héros. Il fonctionne avec méthode (ce qui m’a forcément fait penser au Poirot de ma chère Agatha Christie), et il est très important pour lui de trouver « le bon bout de la raison ».

Cette lecture ne fera donc pas date dans ma mémoire, et je ne pense pas poursuivre ma lecture des aventures de Rouletabille (pour les intéressés, foncez lire le troisième roman le mettant en scène : Rouletabille chez le tsar). Je ne regrette pour autant pas d’avoir lu ce roman tant j’apprécie la plume de Leroux. J’ai d’ailleurs pour projet de rencontrer très bientôt son Fantôme de l’opéra.

Extraits …

« Je soutins la malheureuse, car je la sentais défaillir, et, alors, il arriva ceci que, dans ce vaste déchaînement des éléments, au cours de cette tempête, sous cette douche terrible, au sein de la mer rugissante, je sentis tout à coup son parfum, le doux et pénétrant et si mélancolique parfum de la Dame en noir ! … Ah ! Je comprends ! Je comprends comment Rouletabille, s’en est souvenu par-delà les années… Oui, oui, c’est une odeur pleine de mélancolie, un parfum pour tristesse intime… Quelque chose comme le parfum isolé et discret et tout à fait personnel d’une plante abandonnée, qui eût été condamnée à fleurir pour elle toute seule, toute seule… »

7 commentaires sur “Le parfum de la dame en noir • Gaston Leroux

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