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Sortie : 1er juillet 2015

Réalisation : Matteo Garrone

Avec Salma Hayek et Vincent Cassel

Fantastique

Ma note : 12/20

Tale of Tales (« Le conte des contes ») est une libre adaptation d’un recueil de contes, « Pentamerone », sorti tout droit de l’imagination d’un poète et écrivain italien du XVIème siècle, Giambattista Basile. Matteo Garrone fait ainsi le choix de nous présenter toute une galerie de personnages, parmi lesquels une Reine en mal d’enfant, un Roi adepte du libertinage ou encore une jeune Princesse mal mariée. Sorciers, dragons et autres créatures enchantées sont également de la fête. Présenté au Festival de Cannes 2015, je dois dire que ce film, subtil mélange entre Game of Thrones et Once Upon A Time m’intriguait énormément. Aussi je n’ai pas hésité une seule seconde, je suis allée découvrir ces contes baroques dans les salles obscures. Au programme : de magnifiques paysages et costumes, j’ai été bluffée par le jeu de Vincent Cassel (que je ne porte pourtant pas spécialement dans mon cœur) et Salma Hayek est absolument parfaite en reine meurtrie et possessive à l’extrême.

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Premier conte – Une Reine extrêmement malheureuse consulte un mage, et ce afin de lui demander conseil face à ses difficultés à concevoir un enfant. Ce dernier est formel. Si la Reine souhaite réussir à enfanter, il lui faudra tuer le dragon du lac, arracher son coeur, le faire bouillir, puis le manger. Après quoi, la Reine se retrouverait enceinte sur l’heure. Seulement le sorcier est très clair, toute magie nécessiterait certains sacrifices…

Deuxième conte – Lorsqu’il entend une douce mélodie, un Roi souhaite à tout prix rencontrer la propriétaire de cette voix si voluptueuse. Or, cette voix appartient à une vieille femme du village. Celle-ci vivant pauvrement avec sa sœur, elle n’ose s’opposer aux désirs du Roi et entreprend alors une curieuse manigance : répondre à la demande du souverain en feignant la jeunesse, le laissant alors croire que la voix mélodieuse entendue auparavant n’est qu’autre que celle d’une jeune fille.

Troisième conte – Périssant d’ennui dans un château, une jeune Princesse ne rêve que d’une chose : épouser un homme courageux, fort, et beau garçon afin d’échapper à son morne quotidien. Son père, le Roi, est loin d’être démonstratif vis-à-vis de sa fille. Se passionnant pour les puces, il préfère se livrer à de bien curieuses expériences… Il accepte cependant l’envie de mariage de sa fille. A une seule condition : celle de pouvoir choisir lui-même quel sera le futur promis… Celui-ci ne sera pas vraiment du goût de la jeune fille (et oui, puisqu’elle n’aura d’autre choix que d’épouser… un ogre !).

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Non sans un zeste de magie et de fantastique, ces contes s’entremêlent et se montrent d’une grande cruauté. L’humour est noir, le ton cinglant. J’ai mis un peu de temps à me remettre de mes émotions en sortant de la salle, tant ces contes sont prenants mais ne vont jamais dans la direction que l’on souhaiterait qu’ils prennent… Ce qui en soit est un élément positif mais j’ai trouvé que c’était parfois un peu… trop. D’où ma note de 12/20. Malgré les décors et le jeu des acteurs, il me manquait plus de vie, d’optimisme. C’est un peu dommage.

J’ai par contre apprécié le fait que ces récits interrogent la complexité des sentiments humains (le désir de maternité, les relations fraternelles, le désir charnel, mais aussi la possessivité maladive ou encore la tromperie, les non-dits). Diverses thématiques sont ainsi abordées telles que la quête de la jeunesse éternelle, le conflit des générations… Très intéressant. Je trouve que pour une fois le tout est suffisamment creusé. Je ne m’attendais pas à de telles intrigues pour des contes qui ont été écrits au XVIème siècle.

En bref, un film qui ravira certainement les fans de la série Game of Thrones et de créatures magiques. Par contre, il ne faut surtout  pas vous attendre à de vrais « contes de fées ». Ceux-ci se faisant noirs et macabres, vous serez alors déçu(e)s. J’ai apprécié découvrir l’univers de Giambattista Basile, que je ne connaissais pas du tout. J’aurais préféré avoir plus de scènes représentatives du bonheur et de la vie, entendez par là un peu plus d’optimisme et moins de noirceur. Disons que le tout devait être un peu trop cynique pour moi… Je ne regrette pour autant pas d’être allée le voir au cinéma. J’ai tout particulièrement aimé le jeu de Vincent Cassel, ainsi que celui de Salma Hayek. Et si vous en avez la possibilité, je vous conseille de privilégier la vostr (si je ne faisais plus du tout attention à la fin du film, j’ai parfois été gênée par le doublage de la vf…).

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