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Éditions Le livre de poche, 2004 (128 pages)

Ma note : 13/20

Quatrième de couverture …

Perdican revient au village de son enfance où il doit épouser sa cousine Camille, mais la jeune fille, tout juste sortie du couvent, est prévenue contre l’amour, par avance convaincue de la désillusion qu’elle encourt. Par dépit, Perdican séduit alors Rosette, une petite paysanne, et dans un décor de fraîcheur bucolique, c’est une fin tragique qui s’annonce.
Camille et Perdican partagent sans doute la même religion de l’amour idéal, mais mêlée de véhémence chez l’une et de rouerie chez l’autre, et derrière le rêve d’un retour à l’innocence première se dessine un enfer, inscrit depuis toujours dans la nature humaine. Le temps paradisiaque d’on ne badine pas avec l’amour, faut-il alors le voir comme une immobilité bienheureuse ou la préparation de la Chute ? C’est là toute l’incertitude de la pièce qui n’oublie pas, en 1834, la liaison de Musset avec George Sand, dont Perdican répète mot pour mot les paroles : « J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui. »

La première phrase

« Scène première

Une place devant le château

MAÎTRE BLAZIUS, DAME PLUCHE, LE CHŒUR

LE CHŒUR. Doucement bercé sur sa mule fringante, messer Blazius s’avance dans les bluets fleuris, vêtu de neuf, l’écritoire au côté. Comme un poupon sur l’oreiller, il se ballotte sur son ventre rebondi, et les yeux à demi fermés, il marmotte un Pater noster dans son triple menton. »

Mon avis …

Le hasard fait parfois bien (ou non) les choses : à l’heure où je vous écris ce billet, le titre de cette pièce fait particulièrement écho en moi et me questionne. Si l’amour nous semble parfois bien compliqué, tant il peut parfois déboucher sur des non-dits, des souffrances, cette pièce de théâtre en est l’exemple parfait. Il faut préciser que quand Alfred de Musset écrit On ne badine avec l’amour en 1834, il rentre tout juste de Venise suite à sa rupture avec George Sand. Vous commencez sans doute à me connaître, le théâtre n’est pas mon genre favori lorsqu’il s’agit de littérature. Pourtant, j’ai réellement apprécié me plonger dans l’univers de cette pièce. Je n’avais bien sûr qu’une envie : découvrir comment allait évoluer la relation tumultueuse entre Camille et Perdican. Après moult hypothèses, le lecteur se prend le final de plein fouet. Et pour le coup, je suis restée bouche bée. J’ai donc passé un bon moment, même si je n’ai pas été enchantée plus que ça par le ton pessimiste et tragique de cette pièce de théâtre. Je continuerai tout de même à découvrir Alfred de Musset.

Camille rêve l’amour autant qu’elle le craint. Son âme est déchirée entre son souhait de retourner au couvent et l’envie de vivre une magnifique histoire d’amour, loin des risques de tromperies et d’abandon dont elle se méfie grandement. Perdican est au contraire un séducteur. Il a connu bien des femmes, mais le grand amour semble lui avoir échappé. Il ne renonce pour autant pas et affirme préférer souffrir d’amour que de n’aimer jamais. Alors que le Baron, père de Perdican, souhaite marier les deux jeunes gens, des hésitations et des non-dits tortureront Camille et Perdican.

Je ne sais quel personnage j’ai préféré… J’ai trouvé Camille plutôt instable et hésitante. Tandis que Perdican se montre terriblement maladroit. Malgré sa naïveté, le personnage que j’ai peut-être ressenti comme étant le plus « vrai » n’est autre que celui de Rosette. Si la fin est abrupte, j’ai réellement dévoré cette pièce de théâtre qui se lit en une heure ou deux tout au plus. Je vous la conseille donc si vous ne connaissez pas encore Alfred de Musset, mais également si comme moi (de temps en temps) vous ne pouvez vous empêcher de vous poser certaines questions sur l’amour, sur les relations sentimentales.

Extraits …

« On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : “J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.“ »

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