Le maître et Marguerite • Mikhaïl Boulgakov

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Éditions Robert Laffont, 2015 (640 pages)

Ma note : 13/20

Quatrième de couverture …

Pour retrouver l’homme qu’elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable. Version contemporaine du mythe de Faust, transposé à Moscou dans les années 1930, Le maître et Marguerite est aussi une des histoires d’amour les plus émouvantes jamais écrites. Mikhaïl Boulgakov a travaillé à son roman durant douze ans, en pleine dictature stalinienne, conscient qu’il n’aurait aucune chance de le voir paraître de son vivant. Écrit pour la liberté des artistes et contre le conformisme, cet objet d’admiration universelle fut publié un quart de siècle après la mort de celui qui est aujourd’hui considéré comme l’égal de Dostoïevski, de Gogol et de Tchekhov réunis.

La première phrase

« Au déclin d’une chaude journée de printemps, sur la promenade de l’Étang du Patriarche, apparurent deux citoyens. »

Mon avis …

Je suis loin d’être une experte en littérature russe : j’ai pour le moment seulement lu Premier amour (de Tourgueniev). Pour autant, dès que j’ai croisé Le maître et Marguerite en librairie, j’ai été plus qu’intriguée par sa couverture et par la promesse d’une belle histoire d’amour. Ce roman est on ne peut plus étrange et déroutant. Après l’avoir refermé, j’étais incapable de dire si je l’avais apprécié ou non. Autant dire que je pense ne pas avoir su l’apprécier à sa juste valeur. Cependant je pense que ce roman me restera en tête pendant un moment, ce qui en soi est déjà une belle chose. Mikhaïl Boulgakov possède une imagination débordante, et j’ai apprécié me plonger dans son univers un peu fou, mais qui se montre bien plus profond qu’il en a l’air. Je suis restée comme en apnée pendant plus de cinq cents pages.

L’action se situe à Moscou, sous le régime de Staline. Arrestations, internements en psychiatrie et interrogatoires jalonnent le récit mais prennent une dimension qui va bien au-delà de la réalité historique de l’époque. Des personnages surnaturels peuplent en effet ce roman. Il n’est pas rare de croiser des sorcières, un chat qui parle, ou bien encore le Diable en personne (qui se manifeste sous les traits de Woland, un bien curieux magicien). Il y a de quoi étonner, et dérouter, le lecteur. Pour autant, après une première impression plutôt étrange, les pages tournaient à toute vitesse et je me suis surprise à accrocher à l’intrigue. Je souhaitais en effet savoir ce qu’il adviendrait de l’histoire d’amour entre l’écrivain, auteur d’un roman sur Ponce Pilate, et sa maîtresse, Marguerite.

Si certaines scènes se montrent glaçantes et dérangeantes, j’ai apprécié d’autres moments proposés par l’auteur (le passage du grand bal chez Satan est certainement étrange, mais j’ai aimé me l’imaginer tel que décrit par Boulgakov). Ce roman a été écrit pendant une dizaine d’années, et je trouve que cela se ressent. Les chapitres sont travaillés, les mots sont utilisés avec justesse. Malgré son format, ce roman reste accessible et le tout se lit avec fluidité.

Du côté des personnages, on ne peut s’empêcher de chercher des significations cachées. L’histoire d’amour n’arrive finalement qu’à la seconde partie du roman, la première restant axée sur la terreur régnant sur Moscou : le Diable et ses trois acolytes aux pouvoirs magiques jouant des tours pendables aux habitants… Je pense ne pas avoir réussi à tout saisir, même si j’ai pu déceler que certaines scènes critiquaient le régime stalinien. Malgré le côté sombre de ce roman, Mikhaïl Boulgakov réussit malgré tout à introduire une pincée d’humour (très caustique) et de grotesque.

J’ai donc plutôt apprécié ce roman, même si je dois avouer n’avoir encore jamais lu d’écrits aussi étranges. Il faudrait que que je le relise un jour, j’espère ainsi découvrir d’autres allusions aux dérives de la politique stalinienne. Si je reste sur un ressenti de frustration (face aux symboles cachés et à mon incapacité à tout analyser), j’ai tout de même aimé ce roman pour l’imagination dont fait preuve son auteur, et pour ses personnages (Béhémoth en tête) inoubliables.

Extraits …

« Le visiteur n’était plus seul dans la chambre. Le second fauteuil était occupé par l’étrange individu qui, tout à l’heure, s’était reflété dans la glace du vestibule. Maintenant on le voyait parfaitement, avec ses petites moustaches de duvet, un verre de son lorgnon qui brillait, et l’autre verre absent. Mais il y avait pis encore, dans cette chambre : sur un pouf de la bijoutière, un troisième personnage se prélassait dans une pose désinvolte. C’était le chat noir aux dimensions effrayantes, un petit verre de vodka dans une patte, et une fourchette, au bout de laquelle il avait piqué un champignon mariné, dans l’autre.
La chambre, déjà faiblement éclairée, s’obscurcit tout à fait aux yeux de Stépan. “Voilà donc, pensa-t-il, comment on devient fou…”, et il se cramponna au chambranle de la porte. »

6 commentaires sur “Le maître et Marguerite • Mikhaïl Boulgakov

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  1. Je me souviens de certaines scènes avec l’apparition de la troupe du diable qui donnait un effet comique et mystique en même mais je crois que, comme toi, je suis passée à travers plein de choses. Ce genre de livre il faut le relire plusieurs fois car on sait qu’on va découvrir de nouvelles choses à chaque fois.

    Aimé par 1 personne

    1. Je t’avoue m’être accrochée lors de certains passages au début du livre. J’ai mis du temps pour rentrer dans l’univers de l’auteur, même si une fois dedans c’était chouette. J’espère que tu auras un jour l’envie et l’occasion de redécouvrir ce roman ! C’est un pavé, mais il vaut le coup pour son originalité.

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