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Éditions Eyrolles, 2011 (575 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

La mode des Années 20 en images : une fabuleuse compilation d’illustrations de mode de la période Art déco. L’occasion de redécouvrir, au-delà des belles robes à perles, des chapeaux cloches et des chaussures à brides portés par la vogue garçonne et la jeunesse dorée de l’époque, toute la richesse de lignes, couleurs, motifs et détails de la garde-robe rétro, dans une décennie d’exceptionnelle créativité.

Mon avis …

J’aime décidément beaucoup cette saga, proposée par les éditions Eyrolles, nous offrant un tour d’horizon de la mode d’antan. Après avoir été séduite par La mode du XIXe siècle en images, place aux Années folles (qui est une période de l’Histoire que je trouve captivante). La coupe à la garçonne. Les chapeaux cloches. Les silhouettes longilignes. Les chaussures à brides. Tout y est ! Non seulement cet ouvrage nous présente aussi bien des robes de grand couturier que des tenues de tous les jours, mais la variété des supports présentés dans ce beau livre (photographies, gravures de mode, coupures de journaux) est pour moi une vraie plus-value. Cette lecture fait partie de mes coups de cœur pour cette année 2017.

En une trentaine de pages, Charlotte Fiell et Emmanuelle Dirix (toutes deux spécialistes en histoire de la mode) insistent sur ce qu’il faut avoir en tête concernant les Années folles. Le changement de silhouette est alors radical : cette nouvelle façon de se vêtir est non seulement plus ample, plus fonctionnelle et plus moderne, mais elle révèle tout autant de nombreuses influences et inspirations. Aussi, il n’était pas rare de retrouver dans les vêtements et accessoires des motifs orientaux, des turbans et serre-tête couverts de bijoux inspirés de l’Orient, des références à la Russie (broderies, fourrures ornant les manteaux) ou encore des manches au style kimono, des références à l’Égypte antique. Les années 20 ne peuvent donc pas se réduire à la figure de la garçonne jeune, un peu masculine, dotée d’un sex-appeal à revendre. Les auteures précisent que si porter les cheveux courts, une robe droite ou encore un chapeau cloche était pour l’époque une manière de suivre la mode, cette façon de se vêtir ne concernait pas toutes les couches de la population (une femme d’âge mûr des années 20 ne portait pas de robes courtes). De même que les femmes reprenant la mode des Années folles étaient parfois loin d’avoir la liberté de mœurs de certaines sirènes tentatrices. Cet ouvrage donne donc surtout un aperçu de ce que la jeunesse portait ou nous offre une idée des canons de beauté de l’époque (porter un carré, ou encore avoir une silhouette plutôt fine et élancée).

Cet ouvrage est divisé en plusieurs parties : les tenues de jour, les vêtements de plein air, les tenues du soir, les accessoires, les vêtements spécifiques. Si j’ai apprécié ce découpage, j’aurais peut-être apprécié avoir encore plus d’écrits pour accompagner les photographies et autres gravures de mode (mais là, je pinaille un peu). Autrement, ces illustrations sont un vrai régal pour les yeux. J’aurai également appris énormément de choses. Ci-dessous, quelques exemples illustrant ce qu’on pouvait porter au niveau des tenues pour la journée.

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Il convient de préciser qu’avant la première guerre mondiale, Poiret avait déjà pensé à une simplification de la silhouette. Mais les tenues restaient pour autant élaborées et luxueuses dans leur confection et leurs matières. Pendant la guerre, les pénuries et le rationnement ont contribué à diminuer la longueur du vêtement (on fait alors des économies de tissu). Si en 1913 les femmes commencent à dévoiler leurs chevilles, à la fin de la guerre les robes et manteaux à la mode tombent à mi-mollets. Ceci demeure jusque dans les années 1921-1922. Les robes pourront ensuite tomber juste au-dessous du genou.

Poiret est également connu pour avoir introduit des couleurs vives dans la mode (comme le bleu électrique, le jonquille, les rose et vert vif). Dans les années 20, si les tenues de jour restent dans des tonalités plutôt sobres (le marron, le gris, le bleu foncé ou encore le noir), les tenues du soir se parent de couleurs vives. Même si attention il y a des exceptions : le orange, le vert ou encore le rouge peuvent tout à fait se retrouver dans des tenues de tous les jours. Ci-dessous, des illustrations relatives aux robes du soir.

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Avec cet ouvrage, j’ai également pu apprendre qu’avec les années 20 les femmes s’entichent de nouveaux vêtements dans leur garde-robe : les tenues de sport. Si auparavant le golf, le patinage ou encore l’équitation n’étaient pas exclus, les femmes se devaient de représenter l’idéal féminin de l’époque (en portant notamment un corset, ce qui ne devait pas franchement être très agréable). Avec les Années folles, le corps se dévoile. Le bronzage devient un signe de bonne santé, et devient une autre manière d’être à la mode. Un sport devient particulièrement populaire chez les femmes : la natation. Sans oublier les progrès liés à l’automobile, à l’aviation. Tenues de golf, maillots de bain, longs manteaux de laine et de cuir (pour l’automobile) contribuent alors à promouvoir une certaine image de la femme moderne.

Concernant les vêtements de plein air, manteaux et tailleurs-jupes sont présents dans la garde-robe (la coupe et les couleurs variant en fonction des saisons).

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Enfin, j’ai beaucoup aimé le dernier chapitre de ce beau livre consacré aux vêtements dits spécifiques. Le lecteur y retrouve des exemples de robes de mariée, de la lingerie ou encore des tenues de nuit.

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Pour résumer, j’ai tout simplement adoré cet ouvrage. Il me semble être un incontournable pour tous les amoureux des Années folles et de l’Art déco. J’aurai appris énormément de choses, notamment que le noir pouvait parfois être porté au quotidien bien avant l’arrivée de Chanel et de sa petite robe noire. Je ne me lasse pas des livres tournés vers cette période de l’Histoire, et je pense que ce n’est pas près de s’arrêter. Je compte poursuivre avec cette jolie saga proposée par les éditions Eyrolles. La prochaine fois : en voiture pour les années 30 !

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