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Éditions J’ai lu, 2016 (158 pages)

Ma note : 12/20

Quatrième de couverture …

L’épouse d’un professeur respecté d’une ville universitaire et puritaine entrevoit le grand amour avec un jeune Anglais de passage. Une femme du monde confond le jour de sa permanente avec celui du départ en bateau de son amant. Un homme demande à un ami peintre de faire le portrait de la femme dont il est amoureux…

Tout l’art d’Edith Wharton est présent dans ces sept nouvelles : la description fascinante d’une société bourgeoise tissée de simulacres, de magnifiques portraits de femmes, une écriture subtile, tour à tour féroce et tendre, qui plonge au cœur des tourments humains.

La première phrase

« La vue de la fenêtre de Mrs Manstey n’était pas frappante, mais pour celle-ci du moins elle était pleine d’intérêt et de beauté. »

Mon avis …

Ma rencontre avec la grande Edith Wharton remonte maintenant à novembre 2015. J’avais alors été plus que séduite par ma lecture de Kerfol, ainsi que par celle des autres nouvelles fantastiques présentes dans le recueil. Aussi lorsque je suis tombée sur cette couverture (que je trouve sublime), je n’ai eu qu’une seule envie : poursuivre l’aventure ! Je suis malheureusement beaucoup moins enthousiaste cette fois-ci. Si j’ai pris plaisir à retrouver la plume enchanteresse de l’auteure, je n’ai absolument pas été emballée par la nouvelle éponyme (Une affaire de charme). Seul Le tableau mouvant aura réussi à retenir mon attention. Je ressors donc plutôt déçue de cette lecture, même si je ne désespère pas et espère retrouver rapidement Edith Wharton (une romancière que je suis malgré tout heureuse de découvrir tant sa plume m’enchante).

Ce recueil comporte sept nouvelles : La vue de Mrs Manstey, La plénitude de la vie, Le tableau mouvant, Le prétexte, Le diagnostic, La permanente, Une affaire de charme.

Une affaire de charme

Lorsque James Targatt épouse la jolie Nadeja Kouradjine, il ne se doute absolument pas de ce qui l’attend. Il se retrouvera ainsi à héberger ainsi qu’à entretenir toute sa belle-famille. En échange de quoi, Nadeja entreprend de marier ses frères et sœurs à de riches personnalités, et ce afin d’élever leur rang dans la société. Edith Wharton signe ici une nouvelle étonnante qui ne manque pas d’humour. J’ai malheureusement trouvé le tout longuet, sans réussir à me passionner pour le quotidien d’un couple qui, à première vue, paraît plutôt mal assorti. Si le final se montre touchant, je ne suis pas certaine que cette nouvelle fasse date dans ma mémoire.

Le tableau mouvant

Un grand amour. Un étrange tableau, qui n’est pas sans rappeler Le portrait de Dorian Gray. Ce dernier représente la femme d’un riche bourgeois bientôt veuf. Il sera très vite amené à cristalliser les tensions entre un mari follement amoureux et un peintre sous le charme d’une femme qui n’est pas la sienne. Mais à quel prix ? Cette nouvelle est certainement ma préférée du recueil. Si le tout se fait mélancolique, j’ai aimé m’interroger sur tout le mystère relié à l’intrigue.

En bref, par ces quelques nouvelles Edith Wharton amène son lecteur dans le New-York distingué du début du XXème siècle. Sa plume se fait cynique, mordante, parfois amère. Si j’y ai retrouvé la qualité d’écriture de la romancière que j’avais déjà tant appréciée, à ce recueil j’ai tout de même préféré l’original Kerfol et le registre fantastique.

Extraits …

(La permanente) « Il est toujours périlleux de retourner un sentiment dans tous les sens; surtout quand ce sentiment est le bonheur. Le bonheur doit rester semblable à une brise printanière caressant la fenêtre, venant on ne sait d’où, portant le parfum de fleurs invisibles. On ne peut pas le détailler, ni le résumer, comme une opération d’arithmétique… »

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