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9782258115644

Éditions Presses de la Cité, 2016 (632 pages)

Ma note : 17/20

Quatrième de couverture …

1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon.
Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune inspectrice londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête, au grand dam de l’une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès.
Depuis Les Brumes de Riverton, son premier roman, Kate Morton n’a cessé de séduire un large public et s’est imposée comme la « parfaite héritière de Daphné du Maurier » (François Rivière – Le Figaro).

La première phrase

« À présent, la pluie tombait à verse ; le bas de sa robe était maculé de boue. »

Mon avis …

Ma rencontre avec Kate Morton date d’il y a deux ans. J’avais alors beaucoup apprécié Les brumes de Riverton, même si je n’avais pu en faire un coup de cœur sur le moment. Cette fois-ci, je dois dire que j’ai été littéralement conquise. J’ai retrouvé avec joie les ingrédients magiques couramment utilisés par Kate Morton (une grande demeure familiale, des aller-retour entre passé et présent, des protagonistes rongés par de sombres secrets). Au moment de refermer ce roman, je n’avais aucune envie de quitter ses personnages, si émouvants et finalement tout simplement humains. Malgré sa longueur, c’est un joli roman que je ne peux que vous conseiller (et ce d’autant plus qu’il vient tout juste de sortir en format poche). Je dois vous avouer qu’au départ j’avais également flashé sur sa couverture, à la fois mélancolique et mystérieuse.

Les Cornouailles. Loanneth, grand domaine familial. Ses jardins. Son lac. Le hangar à bateaux. Au fil des pages, je me suis répétée que le décor imaginé par Kate Morton dégage ici un petit quelque chose de féerique. Les personnages ne sont pas en reste, puisqu’ils sont suffisamment creusés et attachants, chacun à leur manière. Au centre de l’intrigue, un couple uni, les Edevane : Eleanor et Anthony. Lorsque Theo, le petit dernier (alors âgé d’à peine un an) disparaît, plusieurs battues sont organisées par les enquêteurs. Mais l’enfant demeure introuvable… Bien des décennies plus tard, Sadie, s’intéresse à cette disparition pour le moins mystérieuse. Elle arrivera alors jusqu’à Alice, une des sœurs du petit Theo. Mais cette petite fille de 1933 si vive et intrépide, aujourd’hui devenue une vieille dame qui écrit des romans policiers, acceptera-t-elle d’échanger autour de sa famille ? Le risque est parfois grand de réveiller le passé.

Avec L’enfant du lac, Kate Morton nous propose de suivre plusieurs histoires en parallèle. Le lecteur se retrouve tour à tour plongé dans les années 1910, qui viennent marquer la rencontre entre Eleanor et Anthony Edevane, puis dans les années 30-40. Sadie, notre enquêtrice des années 2000, a évidemment aussi droit à plusieurs chapitres. C’est un procédé que j’apprécie grandement avec Kate Morton, ces aller-retour entre passé et présent. Si au départ, le lecteur peut avoir peur de se sentir perdu ou que le tout se fasse trop fouillis, les pièces du puzzle finissent rapidement par s’assembler. J’aime beaucoup ces romans où l’on se promène dans le temps. D’autant plus qu’ici, Kate Morton s’amuse et parvient à nous mener par le bout du nez ! Dès que l’on pense détenir la clef du mystère, un nouveau rebondissement vient généralement tout remettre en question.

La psychologie des personnages est également plutôt bien travaillée. J’ai beaucoup aimé rencontrer Eleanor, tant elle se montre touchante par le sentiment de solitude qu’elle aura pu rencontrer. Mais les trois sœurs Edevane (Deborah, Alice et Clemmie) sont aussi plutôt intéressantes. De nombreuses thématiques sont ici retrouvées : le monde de l’enfance (sa nostalgie), le sentiment amoureux, les épreuves de la vie, mais aussi et surtout la famille. La filiation. Les secrets qui peuvent se transmettre au fil des générations. Kate Morton nous plonge littéralement dans la complexité des sentiments humains. Les révélations finales se feront une libération pour les personnages, mais également pour le lecteur qui découvre les conséquences d’un secret de famille.

En bref, j’ai passé de belles heures en compagnie de ce joli roman. Le cadre enchanteur décrit par l’auteure. Les efforts de nos personnages pour retrouver le petit Theo coûte que coûte. L’enfant du lac se fait davantage roman familial qu’enquête policière, même s’il y a bien une résolution du mystère à la clef ! Je garderai longtemps en mémoire l’atmosphère de ce roman, tout comme le plaisir d’avoir eu le sentiment de m’être véritablement baladée dans la demeure de Loanneth.

Extraits …

« En guise de consolation, l’article était illustré de deux photographies que Sadie n’avait jamais vues. Une femme élégante, souriante, assise sous un arbre en compagnie de trois petites filles en robes blanches ; elle avait sur les genoux un exemplaire d’Eleanor sur le seuil magique. Et la même femme, visage grave, traits tirés, tandis qu’un bel homme de haute stature la soutenait par la taille. Le couple était photographié dans la bibliothèque de Loanneth, dont Sadie reconnut le moindre détail. Rien n’avait changé, pas même le portrait encadré posé sur le bureau, près des portes-fenêtres. DES PARENTS DÉSESPÉRÉS ! clamait la légende, qui poursuivait : M. et Mme Anthony Edevane prient toutes les personnes qui pourraient fournir des informations sur leur jeune fils Theodore, onze mois, de se faire connaître. »

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