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Éditions Archipoche, 2015 (470 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Ayant perdu toutes ses bêtes par la faute d’un chien mal dressé, le jeune berger Gabriel Oak se trouve ruiné. Le voilà réduit à trouver du travail dans une ferme qu’il vient de sauver d’un incendie. Il ignore qu’elle appartient à Bathsheba Everdene, une jeune femme venue s’installer au pays avec sa tante… et qui a repoussé ses avances avec hauteur.

Sans un regard pour Gabriel, la belle héritière est convoitée par un exploitant, William Boldwood, mais aussi par son rival, le fringant sergent Francis Troy – sans savoir qu’une domestique est enceinte de ses œuvres. Quel espoir l’honnête Gabriel pourrait-il encore nourrir ? A peine s’il compte sur la folie des hommes pour lui ouvrir le cœur de Bathsheba… Finira-t-elle par reconnaître que le plus digne d’elle n’est pas de sa condition ?

La première phrase

« Le fermier Oak était un jeune homme de vingt-huit ans, sérieux et intelligent. »

Mon avis …

L’Angleterre rurale du XIXème siècle. De somptueux paysages. Une héroïne moderne, forte et fascinante. De l’amour et des déceptions. Si l’adaptation ciné (proposée par Thomas Vinterberg) offre déjà un avant-goût prometteur, le roman n’en est que meilleur. Je l’ai tout simplement adoré ! Ayant pu découvrir Thomas Hardy dans le registre de la nouvelle, avec Une femme d’imagination, la recette est à nouveau réussie. Les personnages de l’auteur sont tellement creusés, profonds. Ils souffrent oui, ne sont pas épargnés par la vie, mais grandissent et finissent finalement (parfois) à accéder à un bonheur mérité. J’ai toujours beaucoup de mal avec la mélancolie qui se dégage de certains romans, que l’on soit chez Dickens ou chez Thomas Hardy, donc ce n’est pas un immense coup de cœur... Mais sans cet aspect, tout est parfait. Un roman à découvrir de toute urgence.

Thomas Hardy signe ici un roman moderne, notamment lorsqu’il évoque la condition de la femme. Quelque peu prétentieuse, sûre de ses charmes et indécise en amour, Bathsheba sera amenée à traverser toute une série d’épreuves qui la transformeront en une femme. A la tête d’une ferme et d’une certaine fortune, la jeune femme ne manque aucunement de caractère. A ses côtés : Gabriel Oak, un jeune berger éconduit mais qui ne cesse de penser à Batsheba. Boldwood, un riche fermier fou amoureux de notre héroïne jusqu’à en perdre la raison. Enfin Troy, un officier bourreau des cœurs. Tous trois tenteront, chacun à leur manière, de se rapprocher de Bathsheba…

Quel roman ! Je suis surtout tombée amoureuse des personnages. Bon, j’ai parfois trouvé Bathsheba relativement pénible au regard de ses défauts, mais j’ai fini par m’attacher à son personnage. J’ai adoré la voir grandir et évoluer. Et que dire de Gabriel Oak qui m’a fait forte impression. Lors de ma lecture, je n’ai eu de cesse de passer par diverses émotions : la joie, la tristesse, l’empathie, parfois l’effarement. Thomas Hardy réussit la prouesse de nous emmener là où on ne l’attend pas, et ce pendant près de 500 pages.

En bref, un roman magnifique. Hardy nous conte les tourments de l’amour, les épreuves de la vie qui nous façonnent tout un chacun et nous font évoluer. Au bout du chemin… des transformations, parfois de la joie, mais aussi et surtout des dénouements auxquels on ne s’attend nullement.

Extraits …

« Les flèches de l’Amour venaient d’introduire un grain de folie dans l’esprit de la raisonnable et froide Bathsheba. »

« Il éprouvait, à se voir si près d’elle, la tête appuyée sur sa robe, une douce sensation dont il voulait pleinement jouir avant que cet instant délicieux, mais trop court, ne s’envolât. Il aurait désiré lui faire connaître ses sentiments, mais se savait aussi peu capable de les enfermer dans les grosses mailles du langage que de retenir un parfum dans un filet. »

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