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Le-train-bleu

Éditions Le livre de poche, 2008 (221 pages)

Ma note : 15/20

Quatrième de couverture …

Dans ce train de luxe en partance pour la Côte d’Azur, à bord duquel se trouvent quelques privilégiés qui fuient les brumes de l’Angleterre, la fille d’un richissime homme d’affaires américain est assassinée. Une enquête particulièrement difficile pour Hercule Poirot…

La première phrase

« Il était presque minuit lorsqu’un homme traversa la place de la Concorde. »

Mon avis …

Après avoir lu La mystérieuse affaire de Styles, Le crime du golf, Allô Hercule Poirot, Les enquêtes d’Hercule Poirot, Le meurtre de Roger Ackroyd ou encore Les quatre, il me tardait de retrouver notre cher détective belge à moustaches. Pendant mes vacances, j’ai donc emporté Le train bleu (1928) dans ma valise. Pour cette nouvelle enquête, cap sur la Riviera ! Tout comme avec Le crime du golf, l’intrigue se déroule en France. Si Hastings se montre malheureusement aux abonnés absents, j’ai apprécié enquêter auprès de Poirot. Une chose est sûre : j’étais bien loin de mettre la main sur le ou la coupable.

Un meurtre à bord du Train Bleu, express qui relie Calais à Nice. La disparition d’un somptueux collier. Il n’y a pas à dire, avec cette enquête Hercule Poirot va à nouveau avoir du pain sur la planche. Dans ce roman, nous le retrouvons en compagnie de George, son valet. Ce dernier fera d’ailleurs d’autres apparitions dans les prochains Poirot. J’ai également souri en découvrant qu’Agatha Christie fait, dans cet écrit, référence au village de St Mary Mead (où réside une certaine Jane Marple) !

Lorsque Ruth Kettering, fille d’un milliardaire américain, est retrouvée sauvagement assassinée dans son compartiment du Train Bleu, les suspects ne manquent pas. Derek Kettering, son mari. Le comte de la Roche, amant de la victime. Ou encore une certaine Mireille, actrice, qui fricotait avec l’époux de la défunte. Le meurtre est-il à mettre en lien avec la disparition du Cœur de feu, un magnifique rubis qui ornait le collier de Ruth ? J’ai grandement apprécié les personnages imaginés ici par Agatha Christie, et ce pour la simple et bonne raison qu’ils ont tous, à nouveau, quelque chose à cacher. Le rythme ne faiblit pas, et le lecteur se plaît à retrouver un Hercule Poirot en grande forme. Il nous entraîne d’ailleurs sur quelques fausses pistes, avant d’annoncer son verdict. Avec Le train bleu, nous faisons également la connaissance d’un personnage un peu à part : Katherine Grey. J’ai trouvé son personnage bien mystérieux, et le fait qu’elle ait pu recueillir les confidences de Ruth Kettering avant le meurtre ne peut que rajouter un peu de croustillant, et ce toujours dans le but de faire travailler nos petites cellules grises.

Agatha Christie croque à nouveau à merveille les travers de certains de ses personnages. Quelques-uns prêtent d’ailleurs à sourire. La Reine du crime n’hésite donc pas à se moquer ouvertement (mais plutôt gentiment) de certains protagonistes. J’apprécie toujours beaucoup retrouver cette petite touche d’humour qui côtoie l’enquête en elle-même. Ce nouvel écrit mettant en scène Hercule Poirot est donc une réussite, même si ce roman ne fera sans doute pas partie de mes Poirot préférés. Pour poursuivre l’aventure, je découvrirai donc la prochaine fois non pas La maison du péril (que j’ai déjà lu et que je vous conseille mille fois) mais Le couteau sur la nuque (1933).

Extraits …

« – Bien, dit Poirot, l’air rêveur. (Il but le reste de son chocolat, replaça la tasse bien au milieu du plateau puis continua, comme s’adressant à lui-même) L’écureuil, mon bon George, ramasse des noisettes. Il les emmagasine à l’automne afin d’en profiter plus tard. […] J’ai emmagasiné un petit fait par-ci, un petit fait par là. Et à présent, je vais dans ma réserve chercher une certaine noisette, une noisette que j’ai mise de côté il y a, voyons… dix-sept ans. Vous me suivez, George ?
– J’étais loin de penser, monsieur, qu’on puisse garder des noisettes aussi longtemps, mais je sais qu’à présent, on fait des merveilles avec les bocaux à conserves.
Poirot le regarda et sourit. »

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